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Conjecture de Syracuse [PV: Fabio]

Invité
Jeu 14 Jan - 10:36

Le temps s’écoula, ça faisait maintenant un mois qu’il était professeur. La profession ne l’insupportait pas encore. Il avait des élèves fatigants, certes, mais le fait de leur inculquer un semblant de logique et de culture lui suffisait pour l’instant. Mais aujourd’hui tout l’énervait et tout le déprimait.

Voir les gens sourire sans pouvoir y participer, entendre les élèves posaient des questions débiles dont il avait donné la réponse une bonne dizaine de fois. Il avait tout de même prévu que ce jour serait un jour spéciale. Ce jour-là, tous ses élèves planchaient sur un contrôle plus dur que la normal et lui, pouvait mettre de l’ordre dans son esprit. Sa routine : Accueillir les élèves, leur donner l’énoncé et regarder par la fenêtre.

D’ici, il voyait le jardin. Les nuages dominaient le ciel, une ambiance grisâtre, un climat qu’on ne pouvait définir, il faisait ni froid, ni chaud. Le temps semblait être figé mais le cours des choses continuaient. Sa journée se finit tard, 18h00 ou 18h30 mais s’en soucie. Aujourd’hui le temps n’avait pas de valeur, seuls les souvenirs comptaient. Il passa son temps à réfléchir. Sa vie était complète et enrichissante au fur et à mesure des années qu’il passa avec son frère, puis il est parti, et ça s’est dégradé, puis d’autres sont partis et ça s’est dégradé. Seul. Comme la conjecture de Syracuse, la suite représenterait son entourage et au fil du temps, il finirait seul, accompagné, seul, accompagné… un cycle trivial dont il ne sortirait pas.

Il tituba dans les couloirs et reçu un appel. C’était son père, il l’appela donc pour avoir des nouvelles, comment se sentait-il en cette journée spéciale ? A vrai dire, il n’appelait pas vraiment pour savoir comment il se sentait. Son père avait besoin d’être écouté, réconforté mais Sorey n’était pas la bonne épaule. Il arrivait à peine à soulever le poids de cette journée. La conversation s’éternisant et se sentant tituber, Sorey se rendit dans les toilettes du personnel et continua la discussion. Son père continua ses lamentations et aborda le sujet de sa mère. Il continua et déclara qu’elle était dépressive et qu’elle avait besoin de le revoir, qu’il lui rappelait son frère.  

"I don't really care"

Sorey arrêta net la conversation, on portable vola à l’autre de la pièce et son poing heurta violement le miroir. Une petite infinité de morceaux de verre tomba dans l’évier, l’autre partie se logea dans sa main. Il resta la un moment, la main en sang. Il replaça ses cheveux avec cette même main 10 minutes plus tard, tachant son front du liquide. Puis 5 minutes plus tard, alors qu’il avait les paumes contre le l’évier, il passa sa main sous l’eau, enlevant le gros des bouts de verre. Il récupéra son portable en miette et le logea dans sa poche.

Comme de rien n’était, il sortait de la pièce, la main endommagée. Il se dirigea vers le jardin, le pas lent, les yeux rivé dans le vide, le regard introspectif. Il logea ses mains dans son manteau, s’asseyait sur un banc et ne bougea plus
.
Invité
Jeu 14 Jan - 11:16

Conjecture de Syracuse

Aujourd'hui est un jour comme les autres. Comme hier, comme avant-hier, comme demain.

C'est ce que Fabio se répétait depuis quelques jours maintenant. En effet, il avait été très enthousiaste à l'idée de démarrer une nouvelle vie au Japon, ses premiers jours de travail ont été engageants. Il était allé se présenter à chacune des classes qui composaient cette école, toisant du regard la totalité des élèves, repérant parfois des cas dont il était certain de bientôt recevoir la visite. Suite à ça il avait rejoint son nouveau bureau et s'était très vite mis à l'aise. Comme il s'y attendait, quelques élèves qu'il avait remarqué sont venus le voir, pour des choses plus où moins graves, la plupart du temps des choses qu'il a croisé régulièrement auprès de jeunes de cet âge. Alors très vite, Fabio a commencé à s'ennuyer. D'autant qu'aujourd'hui, il n'avait aucuns rendez-vous. Alors il a passé sa journée à tourner sur son fauteuil en pliant des feuilles pour en faire des avions en papier. Des petits pliages qui se sont envolés par sa fenêtre. Oh ce n'est pas un pollueur, il compte bien aller les récupérer, mais à la fin de la journée seulement. Quelques minutes avant la fin, il s'amusait avec son stylo en le faisant tenir entre sa lèvre et son nez. Puis l'alarme a sonné, ça y est, enfin, c'est terminé, la journée est finie !

S'étirant de tout son saoule, il se relève et range son bureau avant de le quitter, fermant derrière lui. Bien que la routine l'ennuie, aujourd'hui il ne dérogera pas à la règle, comme chaque jour que Dieu fait, il passera pas le jardin. De toute façon il a des avions à récupérer. Jouant avec son trousseau de clés, il déambule dans les couloirs en chantonnant avant qu'un grand bruit ne le stoppe tout de suite. Une vitre qui se brise. Étrange à cette heure-ci. Se basant sur le bruit Fabio se rend jusqu'aux toilettes, les traces de sang sur le sol lui sautant tout de suite aux yeux. Il se penche et suit du regard les deux directions dans lesquelles partaient les traces, se préoccupant d'abord de la piste suivant aux toilettes. Il y pénètre et remarque le miroir enfoncé, concluant que le bruit venait de là. Il place alors son poing au niveau de l'enfoncement et comprend très vite. Il fait une moue entendue et fait un détour par l'infirmerie avant de se mettre à suivre les traces de sangs. Des traces de sang qui le conduise directement au jardin, près d'un banc sur lequel était assise une personne familière au psychologue. Le remarquant de loin, l'homme sourit et replace correctement ses cheveux, se rapprochant lentement de lui jusqu'à s'immobiliser à sa hauteur.

Dîtes, je cherche un type avec la main en sang, vous ne l'auriez pas vu ?

Le psychologue reprend son sourire, un sourire doux et quelque peu réconfortant.

Si vous pensiez que dissimuler votre main dans votre poche permettrait de cacher le fait que vous êtes blessé, c'est raté, vous avez du sang plein le front ! Sur vos vêtements aussi, accessoirement. Le sang ça part mal au lavage vous savez ?

Il sourit un peu plus avant de s'asseoir près de l'homme, posant délicatement une main sur son épaule, se voulant rassurant.

Aller, ne faites pas votre tête de mule et faites moi voir ça, ce serait con que cela s'infecte non ?

Posant la mallette de premier soin qu'il avait récupéré à l'infirmerie sur ses genoux, il fait glisser sa main sur le bras du jeune homme, l'incitant à dévoiler sa main.

N'ayez craintes, je sors pas mon diplôme de psy d'un chapeau, j'ai fait des études de médecine aussi, même si ça se voit pas !

Dit-il, un peu rieur, histoire de détendre l'atmosphère et de le dérider un peu.

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Jeu 14 Jan - 12:10
Pourquoi souriait-il ? Il l’avait croisé dans les couloirs. Peut-être même dans la salle du personnel. Il l’avait remarqué car il se rappelle avoir été captivé par ses yeux. C’est peu paraître anodin mais à chaque fois qu’il le voyait, il se disait « Ah, c’est l’homme avec les beaux yeux. ». Mais aujourd’hui, c’était l’homme aux beaux yeux de trop. A n’importe quel autre moment, il aurait apprécié regarder son visage, la façon qu’il a de s’habiller mais aujourd’hui les traits de son visage l’énervaient et son sourire lui donnait de cogner une nouvelle fois. Pendant un moment, le professeur avait pour espoir que l’homme aux beaux mais au sourire agaçant allait continuer son chemin et l’ignorer.

« Non j’ai rien vu, désolé. » Tu peux t’en aller maintenant. Loin. Et cache-moi ce sourire, nom de dieux.

Dans sa poche, il sentait le sang remplir l’espace petit à petit. Ses doigts baignaient dans le fond de sa poche. Sa main commençait à lui faire mal, son corps commençait à répondre à la violence physique qu’il s’était infligé. Mais la douleur n’était rien face au chaos de son esprit. Il ressassa les mots de son père, utilisant sa mère pour avoir des réconforts, elle qui faisait tout pour gérer les problèmes toute seule. Lui était là et avait besoin de tout le monde.

Il remarqua l’homme parce qu’il était dans son champs de vision, mais il n’avait jusque-là, pas levé sa tête.

« Vous pensez, réellement, que j’en ai quelque chose à foutre ? » Sa tête s’était levé, ses yeux bleus étripaient le visage de l’homme. Son ton était désinvolte et on pouvait sentir la lassitude dans sa voix. Ce n’était pas très adulte de sa part mais c’était la journée de l’année où il s’autorisait à ne pas être adulte. A se soucier d’une unique personne. Part maintenant. S’il te plait. Mais il resta, il s’asseyait même à côté de lui. Ne t’approche pas plus. Et il posa sa main sur son épaule.

Doucement, il retira la main sa main de sa poche et venait la poser sur l’avant bras de l’homme aux beaux yeux de trop. D’une voix faible, nonchalante, il laissa sortir de sa bouche un « Ne me touches pas ». Mais il continua, il descendait le long de son bras avec une bienveillance étrange. Sorey avait un sentiment superficiel, il ne le connaissait pas pourquoi s’obstinait-il ? D’un mouvement brusque du bras blessé, il essaya d’arrêter l’homme mais en vain. Il se résigna en fin de compte. Il avait raison.
En plus d’avoir mal, il n’avait pas envie de finir avec une sale infection.

« Je m’en fous de votre diplôme tant que vous faites vite. » Il sortit sa main, se laissant guider par l’homme. Du sang glissait naturellement de ses doigts. Sorey remarqua que quelques gouttes s’étaient retrouvées sur les vêtements de l’homme. Tant pis pour lui.

« Pourquoi vous faites ça ? Vous êtes l’infirmier de l’école ? »
Invité
Jeu 14 Jan - 12:56

Conjecture de Syracuse

Fabio s'était donc présenté devant le jeune homme. Si sa mémoire ne lui fait pas défaut il s'appelle Arai, pour ce qui est du prénom il ne sait plus. Sans jamais flancher Fabio ne perd pas son sourire. Jamais. Ce sourire là il le porte tout le temps, et quoi que les gens puissent en dire, il apaisera toujours, à un moment où à un autre. Et jamais ses lèvres ne doutent, toujours elles rayonnent dans ces moments-là. Même qu'il sourit un peu plus lorsque monsieur Arai cherche à l'éloigner de lui. Soit il ne se rend pas compte à quel point sa blessure est facilement décelable, soit il utilise le sarcasme pour lui montrer qu'il n'est pas désiré. Peu importe, En règle général, Fabio n'est jamais désiré, il a l'habitude, alors jamais son sourire ne se fane, c'est sa meilleure arme. Il sait, il voit. Son sourire l'agace, et bien tant pis, il devra composer avec, Fabio ne le quittera pas. Même que ses commissures s'étirent encore à sa réflexion d'ours mal léché, laissant même un petit rire tendre s'échapper.

Oh ça non, pas maintenant en tout cas. Mais vous serez bien moins content de devoir vous rachetez des fringues le moment venu. Enfin, de toute façon maintenant c'est trop tard...

Le psychologue avait répondu sereinement, toujours avec sa pointe d'humour et son sourire joviale, et ce même avec le regard presque meurtrier que lui lance le jeune homme. Des regards comme celui-ci il en a vu d'autres, et c'est loin d'être le pire. Côtoyer des dérangés mentaux n'est pas la chose la plus aisée du monde. Un tel regard dans un mauvais moment, c'est même plutôt une bonne nouvelle. Quoi qu'il en soit Fabio s'était assis près de lui, récupérant son bras malgré l'ordre que lui avait soufflé le professeur de ne pas le toucher. Peut-être qu'il ne devrait pas insister, qu'il aller se prendre une baigne, mais tant pis, son visage n'est pas seulement composé de quelques ridules aux coins des yeux, mais de quelques cicatrices également. Petites, discrètes, mais présentes. Mais le jeune homme se montre plus docile que prévu fort heureusement.

Même si ça ne lui fait pas peur, Fabio préfère tout de même se ramener au travail le lendemain avec un visage intact. Monsieur Arai une fois rendu, il ouvrit la mallette d'une main et en extirpa de quoi le soigner, commençant par retirer un à un chacun des morceaux de verre encore enfoncés dans sa peau, se fichant de salir ses propres vêtements. D'ailleurs il ne répond même pas à la question trop concentré sur sa tâche alors qu'il commence à nettoyer le sang avant de désinfecter avec beaucoup de précautions et de délicatesse. Chose faite il lui bande minutieusement la main dans une propreté et une précision impeccable. La blessure une fois pansée, il libère gentiment sa main, venant tout de suite nettoyer le sang sur son front d'une manière assez paternelle.

Non, je vous l'ai dit, je suis Psychologue.

Il termine et se redresse, lui souriant.

Du fait, vouloir prendre soin des personnes en peine est devenu chez moi presque un besoin. Un sourire sur un visage, c'est tout de même plus beau que des larmes, vous ne pensez pas ? Enfin, je parle d'un vrai sourire évidement.  Je sais que le mien vous agace actuellement, mais c'est toujours mieux que si je pleurais sur votre épaule. Je sais aussi que ma présence vous importune peut-être, et que vous estimez ne pas avoir besoin de moi, mais pour un instant oubliez que je suis Psy, et visualisez-moi plutôt comme une oreille attentive en cas de besoin.

Dit-il, toujours souriant, avenant, aimable. Il sait que quelque part, c'est apaisant. Puis il lâche un petit rire doux.

Oui, je sais aussi que là tout de suite, vous en avez absolument rien à foutre ! Alors soit.

Il se lève doucement et vient ébouriffer légèrement ses cheveux sans exagération.

Enfin, si vous tenez tant à ce que je parte, je m'en vais. Au moins votre main est soignée, c'est une inquiétude qui ne perturbera plus vos pensées qui me semblent déjà bien noires aujourd'hui... Moi, j'ai des avions à ramasser !

Dit-il, dans un dernier sourire compatissant et compréhensif.

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Jeu 14 Jan - 23:30
Il laissait sa main à la guise du psychologue, se contraignant à le laisser faire. Ca faisait mal, a chaque fois qu’il lui enlevait un bout de verre, une petite décharge parcourait son petit corps. Mais ce n’est pas pour autant qu’il commençait à apprécier le psy’, au contraire. Comment pouvait-il être aussi souriant alors qu’aujourd’hui, Sorey était dans son pire état. Il aimerait qu’il arrête sinon il allait l’arrêter. Il le laissa parler sur sa veste, se contentant d’acquiescer très faiblement la tête. Le professeur le regardait agir du coin de l’œil sans rien dire, montrant qu’une personne était de trop ici et que ce n’était pas lui.

Le temps se détériorait aussi, on pouvait sentir le vent se levait, les cheveux de Sorey se décoiffa suivant la fougue de la nature. Le Psy’ le toucha une fois de plus au niveau du front, une fois de plus de sa main propre, il arrêta les actions de l’homme répétant une nouvelle fois ce qu’il avait dit mais d’une voix plus forte et affirmée. Il le regarda se redresser et rangea une nouvelle fois ses mains dans ses poches, rangeant sa main droite dans le sang de sa poche. ‘’Prendre soin des personnes est devenu chez moi presque un besoin’’. Réellement, il avait besoin de ça pour vivre, de s’occuper des malheurs des autres. Sorey ne pouvait pas s’enlever l’idée de la tête que c’était égoïste de sa part en un sens.

« Je sourirai pas si je n’en ai pas envie. Et oui, vous commencez à sérieusement m’agacer. » Et s’il pouvait arrêter de rire. Il n’y avait rien de marrant. C’était vraiment un psychologue ? Parcequ’il faisait vraiment un boulot de merde. Sorey ne sentait pas plus en confiance. Ce sourire permanent l’offusquait et ne le réconfortait pas du tout. Il le gênait pour un problème qui n’était pas résoluble. Le professeur s’allongea sur le banc et sortit sa main propre pour venir la poser contre ses yeux.

« Vous pouvez y aller. Et parler pas des pensées des gens, vous n’en savez rien. » Des avions à ramasser ? Il commençait à cerner le personnage un peu plus. Un vrai gamin. Alors que ces pensées devraient consacrés à sa famille, celles-ci étaient dirigés vers le psy. Pourquoi souriait-il autant ? Son visage resta gravé dans sa mémoire. Il avait un visage assez simpliste. Mais ces yeux harmonisaient le tout et on pouvait alors considérer qu’il avait un beau visage voire très beau. Cependant, il l’avait énervé et c’était difficilement rattrapable pour aujourd’hui. En y pensant il avait du mal à déterminer l’âge de l’homme. Il ne savait même pas son nom d’ailleurs.

Il leva son autre main et commença à enlever le bandage pour voir les dégâts puis la laissa pendouiller en dehors du banc sans trop se soucier du bandage et retourna vaquer à ses occupations. Enfin seul.
Invité
Ven 15 Jan - 4:53

Conjecture de Syracuse

Après avoir terminé son bandage, Fabio s'était donc préoccupé du front du jeune homme, non pas blessé mais bien sali par le sang. Le psychologue ne parvient pas à déterminer la raison pour laquelle l'idée de passer sa main dans ses cheveux était venue au professeur, mais bon, soit. Il fut alors repoussé, se reprenant dans la figure un grognement signifiant qu'il ne voulait toujours pas être touché. Cette fois-ci Fabio ne l'embêta pas plus, conscient qu'il commençait à pousser le brun dans ses retranchements. Il fit tout de même une dernière action en lui ébouriffant les cheveux gentiment avant de se faire jeter une énième fois. Il conserve un sourire, soupirant doucement à sa réaction, bien déçu de voir que le jeune homme était toujours aussi fermé. Peu importe, bien qu'il le laisse croire, il ne lâchera pas le morceau avec lui, peu importe combien de temps cela prendra. Avant de prendre le large pour le laisser un peu tranquille, il l'écoute attentivement et le regarde plus ou moins dans les yeux dès que le professeur relève la tête vers lui. Il estompe d'ailleurs légèrement son sourire, histoire de ne pas l'offusquer plus qu'il ne l'a déjà fait.

Je ne vous ordonnais pas de sourire.

Il se tait et l'écoute de nouveau, souriant très légèrement plus en baissant lentement les yeux.

Si vous le dîtes...

Fabio se détourne donc, commençant donc à marcher en s'éloignant de lui. Puis il s'arrête, relevant légèrement la tête avant qu'une légère brise ne se lève, suivi d'une autre, plus importante. Le soleil commençait déjà à se coucher, ainsi la température s'abaissait doucement. Frissonnant, Fabio referma son imper beige et bien taillé, fourrant sa main dans sa poche pour y soutirer un béret bichrome, abaissant la tête pour l'enfiler alors qu'il replace ses cheveux en arrière d'un revers de la main. Dans l'ensemble Fabio était vraiment l'archétype de l'italien bien taillé et bien propre sur lui, dans son pantalon de couturier vert émeraude, sa chemise bien repassée et son manteau en toile beige impeccable (en oubliant les tâches de sang sur l'avant de son pantalon, bien sûr). Enfin bref, chose faite, il redresse son visage vers le ciel et apprécie la brise qui caresse son visage et fait virevolter autant ses cheveux que ceux du professeur, bien qu'il ne le voit pas, étant de dos à lui. Il sourit vraiment cette fois, bien que monsieur Arai ne le voit pas, fort heureusement. L'espace d'un instant il a l'impression d'être un acteur dans l'une de ces séries américaines très mal doublée en italien. Puis il fourre ses mains dans ses poches lui aussi, se reprenant avant de parler, toujours de dos vis à vis du principal intéressé.

Parfois il suffit juste de parler un peu pour se sentir mieux. C'est un simple principe de division à part égale matérialisé en un énoncé de problème. Vous êtes professeur de mathématique, ça devrait vous parler non ?

Lâche-t-il sur un ton quelque peu plus profond. Cette fois, il avait mis sa légèreté de côté. L'accent rieur que portait toujours sa voix avait disparu et avait laissé place à quelque chose de bien plus sérieux, qui avait sa touche de profondeur. Ainsi ses paroles avaient peut-être un peu plus d'impact, et la joie permanente du psychologue c'était quelque peu dissipée. Peut-être monsieur Arai sera-t-il moins farouche ainsi ? Qui sait, Fabio n'agissait que par instinct. Quoi qu'il en soit il reprit son chemin, s'arrêtant de nouveau à quelques mètres du banc pour ramasser ses avions en papier. Il prend son temps pour les récupérer un à un, se redressant lorsque le dernier est entre ses mains. Il l'examine un instant avant de se mettre en place pour l'envoyer dans les airs. L'avion fait un étrange looping et vient s'écraser pile aux pieds du professeur, toujours échoué sur le banc. Fabio fait une petite moue et s'approche, venant rapidement ramassé l'avion avant de se reculer d'un pas, se remettant à examiner le pliage.

Ma, j'ai jamais su plié ces trucs correctement pour que ça vole droit... Vous savez vous ?

Demanda-t-il hasardeusement, sans faire le boulet, tâtant doucement le terrain.

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Ven 15 Jan - 11:48
Encore heureux qu’il ne lui ordonnait pas de sourire. Cette obstination le laissa perplexe. Une sorte de sympathie envers le psy’ naissait fébrilement au fond de son crâne. Son sourire qui ne s’effaçait pas, son étrange charme de vieux bonhomme aux beaux yeux. Puis comment ça se faisait qu’il était aussi tactile ? Cette aura bienfaitrice commençait à prendre légèrement effet. Il semblait que le psy avait un don pour réduire la distance entre lui et le professeur. Du coin de l’œil, Sorey observa les gestes du psy’, ses mauvaises pensaient profitèrent de la brise pour s’évanouir, il le regardait l’ensemble du psychologue. Couleurs harmonieuse, ensemble parfaitement à sa taille. Une telle précision, éveilla une curiosité chez Sorey. Pendant un moment, il se dit qu’il aurait envie de tout déchirer. Il se demanda s’il était tatoué aussi. Puis il voulait revoir ses yeux maintenant. Il a toujours voulu revoir ses yeux, c’est pourquoi il se rappelle de l’homme comme étant « l’homme aux beaux yeux », il appréciait toujours regarder la couleur de ses iris.

La brise passait sur le professeur comme un léger voile, caressant son visage d’une extrême délicatesse. Son trench bleu marine était voué à partir à la poubelle à cause du sang, le chemise blanche qu’il portait aussi, entre les deux couches, il portant un long gilet noire à capuche mais rien ne se voyait dessus. Il portait un pantalon bleu marine, il arborait de petites tâches éparses mais il pouvait encore le sauver. Il s’était calmé. La présence de l’homme et la brise avait réussi à faire disparaitre sa soudaine colère. Ses esprits revenus, il ne voulait toujours pas parler de son problème. Qui lui avait dit qu’il était professeur de mathématiques ? C’était écrit sur son visage ? Peu importe.

« Il faut pas avoir un diplôme pour savoir que le monde des mathématiques ne fonctionne pas avec les mêmes règles que celle de la psychologie. Des problèmes ne sont juste pas résolubles. Mais comment savez-vous que je suis prof’ de math ? »

Sorey s’étira et se redressa s’asseyant sur le banc. Il ne pouvait s’empêcher de voir le psy’ comme un gamin avec ses avions de papier. Il regarda une nouvelle fois ses yeux pendant un moment indéterminé. L’ambiance était propice à la durée. Prendre son temps était naturel. D’un petit coup de tête, il lui indiqua de s’asseoir à côté. Il avait l’habitude de faire des avions en papier quand il était jeune, c’était à la mode un moment. Qui le fera voler le plus loin ? Comment faire pour que l’avion parcoure la plus grande distance ? Pour qu’il soit plus rapide ? Son frère avait toujours l’avion qui allait le plus loin. Il lui avait dit le secret d’un bon avion. Pour lui, ce n’était pas dans la forme ou le type de papier non.

Il lui prit un des avions des mains et commença à exécuter les mouvements qu’on lui avait appris il y a maintenant 10 ans. Il essaya d’être le plus précis possible, passant par-dessus les anciens plis en une unique fois. Le vent faisait virevoltaient ses quelques mèches.

« Je l’ai toujours su. Mon frère m’avait appris à faire ce genre de trucs d’enfant. Vous voulez savoir le secret ? » Sorey envoya l’avion tacheté de sang au loin. Il atterrit sur le sol aussitôt lancé. « Il faut réussir votre plie du premier coups. Si vous avez raté une fois alors pouvez abandonner et recommencer, il pourra jamais voler aussi bien qu’un de ses avions qui a été plié en une fois. C’était le petit secret. »

Il laissa le vent faire la conversation pendant un moment. La lumière dominante était orangée, un peu jaune, celle du soleil quand elle est prête à laisser place à la lune. Il soupira.

« Mon frère est mort, il y a 7 sept ans. »

Le regard posé sur l’avion ensanglanté.
Invité
Dim 17 Jan - 16:39

Conjecture de Syracuse

Fabio venait donc de rassembler tous ses petits avions, essayant d'en relancer un pour voir s'il fonctionnait toujours aussi mal qu'à la première fois où il l'avait fait voler. Effectivement, le vol fut identique : catastrophique et aléatoire. Ainsi, l'avion vint terminer sa course aux pieds du professeur, toujours affalé sur le banc, mais visiblement concentrer sur le psychologue. Fabio sourit intérieurement, peut-être avait-il enfin réussi a éveillé sa curiosité, qui sait ? Très régulièrement, les blocages des gens proviennent d'un souvenir souvent rattaché à l'enfance, alors le meilleur moyen d'y parvenir est de les toucher par le biais d'un autre souvenir plus joyeux, plus innocent : ici, les avions en papier. En voyant qu'il avait retenu l'attention du jeune homme, Fabio s'empressa de reprendre la conversation sur quelque chose de tout à fait hors sujet, de toute évidence tous les chemins mènent à Rome. Le Rome de Fabio aujourd'hui, c'était le blocage de monsieur Arai. Comme Fabio était revenu à lui, le jeune homme en profita pour lui répondre, lui souffla alors que la psychologie et les mathématiques étaient visiblement deux choses diamétralement opposées. Fabio se retint de rire légèrement, gardant une réponse à ça pour plus tard, quand le moment sera venu. Non, là tout de suite il préféra répondre à la question du professeur, il était en droit de se la poser après tout.

Oh c'est relativement simple. Je passe toute ma journée ici, de 7h30 à 18h le soir. Le seul problème, c'est que je n'ai encore personne qui vient me consulter, alors je m'occupe comme je peux. Ces avions en sont un parfait exemple, tout comme il me plaît de me balader dans l'établissement quand j'ai du temps à perdre. Et le meilleur endroit pour les commérages, c'est la salle de professeur, je m'y rends souvent en prétextant prendre un café et j'observe, dont vous. Une fois je vous ai vu terminer rapidement la correction de quelques copies en retard, il m'a paru évident qu'il s'agissait d'exercices de Math. Tout comme je sais que vous vous appelez monsieur Arai, c'est écrit sur votre casier. Moi c'est Mr. Paratore, mais vous pouvez m'appeler Fabio.

Pendant qu'il déblatérait son discours, Fabio remarqua tout de suite que le jeune homme commençait à faire une sorte de fixette sur ses yeux. Ça l'amusait un peu, il se sentait flatté, même si monsieur Arai n'était pas le premier à les regarder ainsi. Il est vrai que les japonais ont des yeux très foncés et que les siens, bien que marrons, tournent plus vers une couleur ambrée et très claire. D'ailleurs, ceux du professeur sont également particuliers puisque ceux-ci sont d'un très beau bleu. Fabio s'interroge un peu, il trouve que le métissage est agréable à voir, bien qu'il ne parvient pas à déterminer l'origine de ces yeux clairs. Il oublie assez rapidement son interrogation lorsque le jeune homme lui fait signe de se rasseoir à côté de lui. Le visage du psy s'illumine un peu, il était visiblement assez heureux de voir que le professeur commençait à répondre à ses demandes de communication. Il ne se fit donc pas trop prier, prenant place près de lui en déposant les avions sur ses genoux. Sauf au moment de s'asseoir, Fabio ne l'avait pas quitté des yeux. Il le laisse lui prendre un avion et observe avec beaucoup d'attention les nouveaux pliages très précis qu'il faisait, l'écoutant tout aussi attentivement. Il fixe l'avion s'envoler avec plein d'espoir, avant de faire une petite moue en le voyant s'écraser par terre.

Je vois ! Je n'y avais jamais pensé, merci pour le secret, j'aurais bien le temps d'expérimenter la chose je crois...

Il rit légèrement puis soupire en repensant à tout le temps qu'il perd ici, n'ayant pas de patient à aider puisque personne ne vient le voir. Il secoue légèrement la tête, silencieux, laissant l'atmosphère plus intimiste faire son bout de chemin. Il est simplement là, assit à côté du professeur, à lui tenir compagnie. Parfois, une simple présence fait du bien. Lui aussi il fixe l'avion non loin de là, lorsque la bouche du professeur se délie enfin. Fabio écarquille un peu les yeux, néanmoins que très légèrement surpris par la nouvelle. Il s'attendait un peu à une nouvelle de cet acabit à vrai dire, mais ce n'est jamais facile à entendre, encore moins à vivre. Le psychologue porte son regard sur le jeune homme, lui offrant un regard à la fois compréhensif et compatissant, sans qu'il n'y ait aucune pitié à l'intérieur cependant. Fabio ne s'apitoie pas, il soutient. Hésitant au début, il vient quand même déposer sa main sur l'épaule de l'endeuillé, la serrant légèrement en guise de réconfort.

Je vois... Je comprends mieux votre colère à présent. Canaliser celle-ci par la violence est souvent un bon moyen d'évacuer.

Venant poser les autres avions sur le côté, il récupère la mallette à pharmacie, en extirpant une nouvelle bande. Il avait bien vu que le jeune homme avait retiré le premier, et était bien décidé à lui en remettre un. Toujours aussi délicat que la première fois, il reprend lentement sa main sans le brusquer, sans la bouger trop non plus. La soulevant juste assez pour faire passer la bande en dessous avant de reprendre ses paroles.

Il faut cependant veiller à ne pas trop se faire mal... Enfin, ce genre de chose est difficile à vivre. On n'oublie jamais. Ça ne se soigne pas, il n'y a pas de remèdes miracles à ce genre de maux. On ne remplace pas non plus... C'était "aujourd'hui" n'est-ce pas ? 7 ans... Vous êtes courageux, très courageux.

Il ne dit rien de plus, ne souhaitant pas l'importuner avec des discours sur les effets d'un tel traumatisme sur l'esprit, les différentes manières de se sortir d'un deuil... Ce n'était vraiment pas le moment. Il se contente de terminer le deuxième bandage, revenant flatter son épaule en guise de soutien, tout en commençant à se relever.

Au faite, je voulais revenir sur le fonctionnement des mathématiques et de la psychologie que vous estimez incompatibles...

Il termine de se lever, préférant changer de sujet sans trop changer, histoire que monsieur Arai ne commence pas à ruminer. Il marche en direction de l'avion, s'abaissant pour le cueillir entre ses mains avant de défaire le pliage. Tenant la feuille dépliée, il revient vers lui, se plaçant donc devant le banc non loin d'un caniveau dans lequel s'écoulait un petit torrent d'eau léger. Tout en recommençant à faire des pliages bien différents que ceux de l'avion, il reprend.

Que ce soit en mathématique ou en psychologie, un problème reste un problème. Et tout problème se résous d'une manière où d'une autre. Parfois, il suffit juste d'être patient et... De voir les choses sous un autre angle ?

Il se tourne vers le professeur et lui sourit. Le pliage est terminé. Désormais se tient dans sa main un charmant petit bateau. Relevant en peu les mains, il le montre au jeune homme en le mettant en évidence dans le creux de ses paumes.

Vous voyez cette feuille ? Il y a quelques secondes, c'était un avion qui volait très mal...

Fabio se retourne et se rapproche du courant d'eau, venant poser délicatement le bateau dessus. Il le relâche et le laisse filer doucement, mais surement. Un sourire aux coins des lèvres, il se redresse au fur et à mesure que le bateau s'en va, reprenant parole seulement lorsqu'il est de nouveau droit, regardant le papier au loin.

Et maintenant c'est un petit bateau qui flotte très bien.

Il se retourne, un faible sourire aux lèvres, vers le professeur toujours sur le banc.

Et pourtant, il s'agit d'exactement la même feuille. Il lui a simplement fallu un petit coup de main pour changer.

Laissant sa phrase résonner dans la brise, Fabio revient s'asseoir auprès de monsieur Arai, lui montrant qu'il était de nouveau complètement disponible à l'écouter, ou simplement à lui tenir compagnie dans le silence, histoire d'avoir quelqu'un à côté de lui.

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Lun 18 Jan - 2:38
Paratore Fabio. C’était très occidental. Il s’en doutait, il n’avait pas les traits d’un japonais. Il était grand, sa façon de s’habiller dénotait avec le style qu’on peut retrouver dans l’archipel. Son nom était charmant, il collait bien au personnage. Fabio était à l’école de 7h30 jusqu’à 18h00, grosse journée se dit-il, 10h30 de bout en bout présent dans l’établissement sans rien à faire. De quoi fatiguer un homme pour la journée. Après une journée aussi épuisante, est-ce qu’il avait la motivation de s’occuper le soir ? Et d’ailleurs, comment pouvait-il bien s’occuper ? Le professeur l’imaginait en train de lire des vieux bouquins sur Platon avec son petit café entrain de sourire bêtement. Il se sentait proche de la réalité. Il n’était pas vraiment étonné d’entendre que Fabio aimait venir dans la salle du personnel pour écouter les commérages, ça correspondait bien au psychologue avide de cas intéressants. C’est d’ailleurs à cet endroit que Sorey avait eu l’occasion de mater ses beaux yeux entre deux mauvaises copies.

Même s’il avait du mal accepté la présence de Fabio, il était forcé de s’avouer que sa présence était bienfaitrice. Il lui indiqua à son tour son prénom, brisant un peu plus la distance en le vouvoiement « Tu peux m’appeler Sorey »

Sorey n’était plus si belliqueux qu’avant et lorsque le psy’ posa sa main sur épaule, il le laissa faire. Ca fait longtemps, qu’une personne l’avait touché de manière intime. Il avait l’habitude de l’être avec son frère mais depuis, il n’a jamais retrouvé une telle proximité. Sa solitude l’avait éloigné du contact humain et son attitude faisait fuir les plus braves. Il avait oublié cette douce sensation, qu’une personne tienne réellement à lui. Le psy’ faisait peut être son job, il répétait peut être ses actes tous les jours pour son boulot mais pour Sorey, ces mouvements lui semblait être unique. Pendant un court moment, il voulut s’abandonner, il avait fermé les yeux, prêt à laisser osciller sa tête et tomber sur l’épaule de l’inconnu. C’était sans compter sur le psychologue qui s’agitait à nouveau avec sa petite boite de premiers soins, il se redressa aussitôt ouvrant lentement les yeux. Il le laissa s’occuper de sa main à nouveau, silencieux, il l’observait à nouveau. Son regard toujours posé sur ses pupilles et les mèches environnantes qui virevoltaient à la guise de la brise. Il esquissa un petit sourire qui s’évanouit rapidement.

Il détourna son regard quand il commençait à refaire son discours de psychologue. Il n’avait pas besoin d’un discours de professionnel. « On n’oublie jamais. », « Il n’y a a pas de remèdes miracles à ce genre de maux », pas besoin d’avoir un doctorat pour sortir de telle conneries. Au final, il faisait encore son boulot on dirait bien. Il ne peina même pas de répondre, fatigué par cette attitude. A vrai dire, il était perdu face à la personnalité de l’homme.

Fabio revint pendant que Sorey levait sa main blessé et l’ouvrait puis la fermait périodiquement. Il sentait quelques picotements encore. Il le regardait vers ses magouilles avec sa feuille.

« Un problème reste un problème, mais on utilise pas les mêmes outils pour les résoudre. »

Il l’écouta faire on petit baratin sur le bateau. Il était surpris par sa vivacité d’esprit, un psy’ avait la mauvaise réputation de plancher une semaine sur un problème pour pondre une réponse d’une style « Oui mais nan, à nuancer ». Il trouvait Fabio intelligent, un peu spécial mais bon, il avait réussi à lui faire oublier son frère pendant un moment.

« C’est peut être un beau bateau mais tu as changement le fondement même de l’objet. Il ne peut plus voler, ce n’est plus un avion. Et si un jour ton bateau veut voler ? Le but n’est pas de trouver un moyen de faire fonctionner un objet mais de le réparer. C’est ton boulot ça non ? Après je peux me tromper, j’ai pas de doctorat. » Il le laissa répondre sans trop le regarder, les yeux rivés sur le petit bateau.

Puis il inclina la tête vers lui, se leva, s’étira, regarda son portable. Son écran était brisé, le cache de la batterie ne tenait même plus sans aide, il voulait voir l’heure mais ca lui était impossible.

« Dis moi, il est quel heure ? Tu veux aller boire quelque part ? » Sorey esquissa pour la seconde fois un sourire. Ils pourraient trouver un petit bar, ou aller se poser dans son appartement. Ou il finirait par boire tout seul, histoire de pouvoir oublier pour la soirée.

« Et me dit pas que tu as boulot car tu viens de me dire que personne vient te consulter. »
Invité
Dim 24 Jan - 11:25

Conjecture de Syracuse

Fabio venait tout juste de s'asseoir près du professeur comme celui-ci lui en avait donné l'autorisation. Il s'exécuta aussitôt pour lui offrir tout le réconfort dont il pouvait faire preuve. Suite à ça, le jeune professeur parla. Il brisa la glace en confiant son prénom tout en adoptant un tutoiement plus intime. Fabio n'y voyait aucun inconvénient, ça l'arrangeait même, c'était bien plus amical et chaleureux qu'un vouvoiement taciturne. Suite à ça, le jeune homme se laissa aller, venant déposer sa tête contre l'épaule du psychologue. Fabio sourit doucement en le voyant faire, un peu de chaleur humaine n'a jamais fait de mal à personne et ça non plus, il n'y voyait pas d'inconvénient. Il fut même quelque peu déçu lorsqu'il se redressa, mais bien trop préoccupé par sa main blessé possiblement sujette à une infection pour la laisser telle quelle. Il en profita d'ailleurs pour énoncer quelques phrases au sujet du frère, de sa perte.

Malheureusement, il arrive que Fabio soit quelque peu mal à l'aise avec le sujet de la perte d'un proche. Il avait cette fâcheuse manie d'être si détaché de la réalité que ce genre de nouvelles était désormais pour lui rien que des mots. Des mots sortant d'une bouche. Simplement ça. Ce n'est pas tant le sujet qui l'importune, mais plutôt de trouver les mots pour consoler. Il avait fait l'erreur par le passé d'être trop terre à terre, de voir ça simplement comme un traumatisme en n'oubliant presque la notion d'humanité, de l'impact sur la personne concernée. Une erreur fatale qu'il ne réalisa qu'en venant de s'adresser à une personne ayant perdu un proche. Il était allé droit au but, énonçant des vérités difficile à entendre pour quelqu'un de fragilisé par ce genre de chose. Alors à cet instant il prenait quelques pincettes assez maladroitement, se contentant d'un discours facile et assez répétitif, plutôt concentrer sur le soin de la main. Fabio reste humain malgré son diplôme de psychologie et sa grande expérience, lui aussi a des failles.

Alors pour se rattraper et toucher à quelque chose de plus proche de lui, Fabio s'activa toute suite en repensant aux avions. Il fit donc part à Sorey de toute une petite métaphore pour essayer de l'atteindre, de lui faire comprendre certaines choses. Mais le jeune professeur se révéla être bien plus touché que Fabio le pensait. Si touché qu'il fut complètement hermétique à sa théorie. Fabio se mit à sourire en entendant la réponse d'un jeune homme, puis il soupira légèrement en retirant son béret pour agiter quelque peu ses cheveux. Il était quelque peu déçu d'avoir ainsi raté son coup, après tout sa métaphore était très très imagée et il avait oublié qu'il s'adresser à quelqu'un sortant d'études scientifiques. Les métaphores et les analyses de texte ne sont pas forcément les choses dans lesquelles il doit exceller. Gardant son sourire il revint lentement vers lui, remettant son couvre-chef avant de fourrer ses mains dans ses poches.

« Aaah... J'oubliais que les mathématiciens avaient une vision encore plus terre à terre que là mienne. Mon petit résonnement n'était pas là pour prouver une résolution de problème non abouti selon toi. J'essayais simplement de te faire comprendre que l'on emprunte parfois des chemins très difficiles, avec des obstacles et parfois même des murs au dessus desquels il faut sauter. Parfois ceux-ci sont très hauts, je dirais même impossible à franchir. Et à ce moment là, on s'arrête et on attend un miracle... Alors que parfois, il suffit simplement de regarder sur les côtés, d'accepter une main que l'on nous tend. Une main qui peut servir de courte-échelle pour franchir un obstacle. Qu'on laisse cette main derrière ou qu'on l'entraîne avec nous peu importe. Le but et le même, que ce soit en volant ou en glissant sur l'eau, il faut avancer. »

Fabio venait tout juste d'arriver à la hauteur du professeur que celui-ci se redressa, s'étirant avant d'inspecter son téléphone visiblement hors d'usage. Le psychologue se mit à sourire à la proposition,  venant tirer sa manche pour regarder sa montre avant de rire à la réflexion du jeune homme.

« Et bien, pour quelle raison te mentirais-je ? Je n'en vois pas l'utilité étant donné qu'aller boire un coup avec toi est une idée qui me plaît beaucoup. Par ailleurs on est en plein milieu de l'heure de l'apéro, il est 18h30. Tu as une idée d'un café ou d'un bar sympa en tête ? »

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Lun 25 Jan - 7:42
Sorey receptionnait les informations de Fabio sans vraiment les traiter. Il n’avait pas besoin de ces discours de psychologues. Des sous-entendus mal placés d’une personne mal informé, le professeur en jugea que l’ psy aimait trop son boulot et qu’il mélangeait tout. Et cette manière de tourner les phrases avec pleins d’allégories commençaient à l’épuiser. « Des chemins très difficiles » « regarder sur les côtés, d’accepter une main que l’on nous tend. ». Il n’avait pas besoin d’une telle pitié. Enfin bref. Passons le sujet et avançons.

Flatté par les derniers propos du psy’, Sorey n’esquissa  qu’un simple sourire. Il pensait toujours alternativement à ses problèmes et à sa nouvelle rencontre. D’un côté, il pensait à son lâche de frère et de l’autre, il se demandait si le psy l’appréciait réellement. Et puis sa compagnie, lui était finalement, pas si désagréable.

18h30. Ils pourraient y être dans 30 minutes en prenant les transports. Ils prendraient deux bus et arriveront dans ce petit bar à deux rues de son petit appartement. Ca serait l’idéal, il pourra se mettre la plus grosse race de l’année et être chez lui en 10 minutes. Il n’aura pas à se soucier de prendre les transports ou de retenir un itinéraire compliqué, il aura juste à tourner deux fois à droite et il sera chez lui. Ca semblait être le meilleur plan. Il n’était jamais rentré dans le bar, il ne payait pas de mine. Il n’était jamais très peuplé, deux trois personnes en semaines. Par contre c’était une autre histoire le week-end.

« Oui j’en connais un pas mal mais il est à trente minutes d’ici. Allez on se bouge ! » Sorey referma sa veste et rangea ses mains dans les poches de son pantalon (Celles de sa veste étant un peu rempli de sang). Le professeur prit les devants et il les guidait vers le bar. C’était le chemin qu’il utilisait tous les jours pour rentrer chez lui.

« T’as quel âge déjà ? » Il se devait de faire un peu de conversation, histoire que le trajet ne soit pas ennuyant. Le soleil avait finalement disparu et la lune dominait le ciel. L’obscure clarté était agréable, la douce brise s’était encore atténuée et était maintenant perceptible qu’en étant en mouvement.  Les lampadaires éclairaient les rues, il y avait encore quelques personnes dans les rues et même des étudiants qui semblaient finir leur révisions. Ils empruntaient un premier bus et ont eu la chance de pouvoir s’asseoir côte à côte.

« Ca fait longtemps que tu vis au japon ? » Lui avait demandé le prof’ pendant le trajet alors que le silence s’était immiscé. Au 6 ème arrêt, ils descendirent et n’attendirent que deux minutes le correspondance. Ils s’arrêtèrent qu’une station après et marcha encore deux minutes pour arriver dans le bar.

C’était un petit bar cosie . Le barman était ridiculement beau, il devait faire un bon mètre quatre-vingts dix, des yeux verts, un bras rempli de tatouages. Très occidental. Un plus se dit-il, il va pouvoir boire à l’américaine se dit-il. Il salua le barman et alla se poser au comptoir. Il commanda quatre shots forts, sans préciser ce qu’il voulait et ajouta un gin tonic. Sorey regarda Fabio avec un petit sourire pour le laisser faire sa commande.

« Ca fait pas trop loin de chez toi le coin ? » La commande arriva rapidement, il n’y avait pas vraiment de client. Il le remercia et bu ses quatre shots d’une traite minant de trinquer avec son nouveau compagnon. Il posa alors ses coudes contre le comptoir et sortit tout naturellement avec un petit sourire joueur.

« Tu sais quel surnom je te donne la dedans ? » montrant du doigt son crâne avec sa main blessé. Il ne dit plus rien, il n’était pas encore assez éméché.
Invité
Mer 27 Jan - 10:13

Conjecture de Syracuse

Avec tous ses efforts, Fabio avait bien remarqué que le forcer à parler n'était pas la meilleure solution, que Sorey n'avait plus ou moins strictement rien à faire de ce qu'il avait bien pu lui dire. Alors il lâche un petit soupire. Bon au moins, ça fera peut-être son petit bout de chemin un jour ou l'autre... Ou pas. Enfin bref, Fabio enchaîne et son visage s'illumine lorsqu'il voit un faible sourire s'afficher sur le visage de professeur. Aussitôt la proposition faite, monsieur Arai semble déjà bien pressé de partir. Fabio n'y voit pas d'objection et le suit sans broncher, le sourire toujours aux lèvres. Le temps dans les transports lui paru assez court puisque qu'il emprunte un chemin assez similaire. De plus, Sorey lui fit la conversation, à son grand plaisir puisqu'il avait assez de mal à faire ça dans la vie de tous les jours. Oui Fabio est très social, mais en dehors de ses compétences  de psychologue il n'est pas du genre à aller vers les autres. En règle générale ce sont les autres qui viennent à lui, intrigués par son sourire aimable. Il rit doucement.

« Oh, j'ai 38 ans, oui je commence à me faire vieux... Et toi ? »

Il sourit et continue de le suivre, observant un instant le ciel de la nuit en attendant le deuxième bus, s'installant sans attendre à côté de lui, se mettant un peu à l'aise dans un soupire avant de répondre.

« Je suis arrivé depuis peu définitivement, mais j'ai fait plusieurs séjours avant de m'installer pour apprendre la langue au mieux. Toi je suppose que tu es natif d'ici. Tu as quand même voyagé pour tes études où tu es resté ici ? »

Au final, les deux collègues arrivent assez rapidement au bar dont Sorey avait parlé. L'endroit avait l'air sympa, malgré le peu de monde l'ambiance en général était très agréable et le barman aussi, qui n'était pas mal du tout d'ailleurs. Fabio lui sourit gentiment, content de voir un autre occidental. Il n'en croise pas du tout ces derniers temps, et il fallait bien avouer que l'Italie et ses alentours lui manquait beaucoup. Il s'installe auprès de Sorey et le regarde prendre sa commande, ne s'étonnant pas de le voir prendre autant de chose. Lui se commande un simple whisky coca assez bien dosé. Il le regarde d'un air assez protecteur, déjà dans l'optique de veiller sur lui étant donné qu'il ne sait absolument pas si il tient l'alcool ou non. Il sourit à sa réponse.

« Non ça va, j'habite à deux pas d'ici, dans le quartier. Merci pour l'adresse du bar d'ailleurs ! »

La commande arrive à ce moments-là. Fabio attrape doucement son verre et prend une petite gorgée avant de regarder avec étonnement le jeune homme enfiler ses quatre shots d'une traite. Il déglutit fortement, se disant dans un coin de sa tête que ce genre de déboire n'était plus de son âge. Il boit de nouveau une gorgée, venant doucement retirer son impair pour le poser sur ses genoux. Il pousse un petit soupire et décompresse, appuyant également ses coudes sur le comptoir avant de le regarder.

« Ah ? Tu m'as déjà donné un petit surnom ? Je t'en prie évite les classiques du genre "le barbu" ou encore "le vieux"... Mais je suis quand même curieux, c'est quoi alors ce petit surnom ? »

Il lui lançant un sourire rieur semblable au sien, accompagné d'un regard transcrivant un sentiment semblable. Fabio se faisait curieux de tout venant de Sorey, intrigué par se revirement de comportement. Un coup le voilà froid et cassant au possible, la minute d'après il l'invite boire un verre et voilà qu'il comptait lui dévoiler un surnom qu'il lui avait visiblement donné. Enfin, Fabio se doutait bien dans le fond que tout ça aider surtout le professeur à oublier.

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Dim 31 Jan - 3:02
Le ‘Trio op. 100’ de Schubert était diffusé grâce à de toutes petites enceintes posés discrètement sur l’étagère où se trouvait les bouteilles. La musique, discrète, dominait pourtant la salle et l’ambiance. Sorey avait reconnu le morceau dès ses premiers pas dans le bar. Tous les dimanches matin, Sorey et son défunt frère était réveillé par cette musique. Leur mère se réveillait en même temps que l’aube, préparait le petit déjeuner pour la famille et venait jouer avec une précision inouïe le morceau. A la mort de son fils, cette habitude était restée mais elle ternit. Elle n’attendait plus l’aube pour jouer et elle s’invitait à jouer le morceau dans le noir. Le rythme était plus lent, plus désuet mais des émotions puissantes naissaient pendant ses trois minutes. C’est comme si, en jouant cette musique, elle essayait désespérément de joindre son défunt fils, cherchant un chemin parmi les notes de musiques pour l’atteindre.


La jolie interprétation du bar fini, ‘’Prelude No 4’’ de Chopin envahit maintenant l’espace tout aussi subtilement. Ce barman avait de très bons gouts en matière de musique classique. L’alcool avait vite monté, lui avait réchauffé le cœur et le corps. L’esprit galvanisé, il s’était penché sur le comptoir, ses coudes posés en appui. Il buvait son verre de gin tonic par petites gorgées, finissant par se léchouiller mécaniquement les lèvres. Et dire qu’il a trente-huit ans se dit-il. C’est dommage qu’il ne soit pas plus jeune, il aurait puis lui faire des trucs sales à lui. D’ailleurs, il ne les lui donnait pas ses 38 ans. Et si on rasait sa barbe, il perdrait facilement une demi-dizaine d’années. Puis, il avait l’air bien entretenu aussi, d’ailleurs il se demandait comment s’était en dessous. Il se fit remarquer à lui-même qu’il divaguait, c’est un collègue. Juste un collègue un peu vieux et son manque de sexe flagrant.

Sorey avait répondu pendant le trajet qu’il n’était pas natif du japon. Loin de-là, il lui avait dit qu’il avait vécu 5 ans en Amérique, San Francisco et était venu ici suite à la décision de son père qui a déménagé au Japon pour l’amour de ce pays et de la femme qui s’y trouvait.

« Ah bah tant mieux. »

Avait-il répondu lorsque Fabio lui apprit qu’il habité à côté d’ici. Sorey se dit qu’il ne pourra l’accueillir parce que le trajet serait trop long. Il finit alors son verre, se lécha les lèvres et commanda un « Mojito ». Une fois arrivé il le sirota lentement. Il avait toujours cet air un peu avachi. Un whisky, quel alcool de vieux se dit-il une fois de plus mais bon, ça avait un petit côté sexy. Il sourit puis se mit à rire.

« Ahah. Non rien pas de tout ça, je ne suis pas démodé à ce point… Je te le dirai plus tard. Gardons un peu de mystère. Dis-moi tu fais un sport sinon ? Moi j’aime bien monter … des murs, je fais de l’escalade. » Il sourit, de la malice se laissant deviner. De se main blessé, il tira un peu sur le col de son t-shirt, un petit coup de chaud. Puis il leva la main pour tout simplement indiquer au beau barman que le mojito était très bon. Il répondit avec un sourire ravageur. Décidément il trouvait tout le monde sexy ce soir.

Il s’arrêta un moment de boire, il sentait s’approchait de la limite.

« Raconte moi un peu de toi. Je t’ai raconté un bout de ma vie. »
Invité
Dim 31 Jan - 15:41

Conjecture de Syracuse

Fabio s'était donc trompé. Malgré son nom de famille à consonance japonaise, Sorey était donc né aux États-Unis et y avait vécu un certain temps avant de suivre son père au Japon pour qu'il rejoigne la femme qu'il aime. C'était une assez belle histoire, à côté de ça, l'enfance de Fabio était quelque peu banale, rien d'extravagant si ce n'est sa précocité l'ayant forcé à partir en école spécialisée mais lui ayant permis d'obtenir ses diplômes plus prématurément que les autres enfants qualifiés comme étant « normaux ». Sur cette pensée le psychologue avait suivi le professeur dans ce bar visiblement fort sympathique à son goût. Fabio fut tout de suite bercé par un arrière bruit de musique classique, ce qui le fit sourire. Il reconnaissait le morceau et actionna discrètement sa main, comme un automatisme. Il se souvenait, un peu nostalgiquement, de sa mère qui avait tenu à ce qu'il suive des cours de violoncelle. Il n'aimait pas top ça, sans pour autant détester non plus. Aujourd'hui il regrette un peu d'avoir arrêté après l’obtention de son master, il aurait eu une autre occupation que la psychologie à l'heure actuelle, mais tant pis, c'est comme ça. Peut-être devrait-il reprendre ?

Les deux hommes s'installèrent donc au bar. Fabio retire son couvre-chef avant qu'ils ne commencent tout deux à commander leurs boissons, celles-ci arrivant plutôt rapidement jusque sous leurs nezs. Buvant quelques gorgées, Fabio avait observé son collègue avec appréhension lorsqu'il enfila ses shots un à un, l'enviant un petit peu tout en se disant que ça faisait tout de même beaucoup d'un coup. Sorey entamait son gin tonic qu'une nouvelle musique tinta l'atmosphère d'une ambiance plus triste encore. C'est très beau la musique classique, mais c'est également très prenant émotionnellement parlant. Fabio avait déjà utilisé la musicothérapie avec plusieurs de ses cas. Parfois la musique aide à s'exprimer. Fabio sirotait son verre tout en regardant Sorey. Bercé par la musique, il avait l'impression de se trouvait au beau milieu de l'un de ces vieux feuilletons italiens comptant une histoire tragique. Sorey lui faisait un peu cette effet-là, échoué sur ce bar, un verre d'alcool à la main, comme s'il avait baissé les bras. Fabio soupire avant de légèrement déglutir cette pensée, terminant son verre pour la dissiper.

Posant son verre sur le comptoir, il commande un simple verre de soda tandis que le professeur demande un mojito cette fois. Fabio tique un peu, craignant que cela finisse par faire trop si ce n'était pas déjà le cas. Il hésitait à lui faire une réflexion quant à la vitesse à laquelle il buvait, finissant par s'abstenir. Après tout qui était-il pour juger, il était plus ou moins passé par là lui aussi, mais c'était en d'autres temps, d'autres lieux et pas tout à fait pour les mêmes raisons. De plus, l'alcool lui est plutôt très nocif, plus qu'à d'autres en tout cas. Les secondes défilent et Fabio se surprend à se sentir quelque peu mal à l'aise sans vraiment trop l'être. Mal à l'aise de ne pouvoir rien faire pour ce jeune homme si ce n'est l'accompagner dans sa noyade de tristesse et de colère dans le fond d'un verre d'alcool. Il soupire et demande au barman de lui rajouter de la liqueur de cerise dans son verre de soda avant de se tourner vers Sorey qui se met à rire, lui répondant gentiment.

« Très bien, je vais donc faire taire ma curiosité, ça me frustre un peu mais soit. Il m'arrive de fréquenter des salles de sport de temps en temps, mais la plupart du temps je me contente de faire régulièrement des exercices chez moi. Je n'ai donc jamais essayer l'escalade, j'imagine que ça doit être très sympa, mais tu ferais mieux de t'abstenir d'en faire avec ta main, tout comme tu dois t'abstenir de... Tout un tas d'autres choses si c'est ta main principale. »

Fabio rit doucement à sa remarque, d'un rire sincère cette fois, légèrement désinhibé rien qu'avec son premier verre. Il lui en fallait malheureusement peu à lui, puisque ça précocité l'en empêche. Oui ça a ce genre de répercutions. Étant donné que son cerveau fonctionne plus vite, tout ce qui peut avoir une incidence sur son fonctionnement fait aussi plus vite effet. Ainsi il ne doit donc surtout pas s'amuser avec n'importe quelle drogue, même la plus douce, ça pourrait avoir des conséquences désastreuses. Quoi qu'il en soit Fabio remarque que l'alcool a aussi fait son effet chez Sorey, l'observant en train de défaire un peu son col. La chaleur probablement. Un verre de plus et peut-être aura-t-il l'occasion de le voir se dessaper qui sait. Quoi que, dans un bar, même le plus miteux qui soit, ce n'est pas très respectable. Buvant une gorgée de soda à la liqueur, il manque un peu de s'étouffer à la question du jeune homme, reposant son verre avant de venir essuyer les quelques gouttes de liquide qu'il avait sur les lèvres d'un revers du pouce.

« Que je te parle de moi ? Oula me fais pas parler de ça quand je bois, je parle trop dans ces moments-là... »

Il s'éclaircit la voix doucement et se redresse un peu, se tournant vers le professeur. Il soupire en voyant bien que cette réponse ne suffirait pas et baisse les yeux dans un sourire, passant une main dans ses cheveux légèrement décoiffés. Il respire un petit coup et le regarde de nouveau.

« Je suis né en Italie, à Rome, dans une famille catholique. J'y ai fait mes études dans des instituts privés jusqu'à mon master avant d'enseigner la psychologie à la fac. Puis j'ai ouvert mon cabinet, je me suis fait une petite réputation avant de me lancer dans la neuropsychologie en faisant un internat dans un hôpital. J'ai suivi une formation pour faire de la psychothérapie avant de faire des consultations dans un hôpital psychiatrique. Puis j'en ai eu marre et pour changer d'air je suis venu jouer le psychologue scolaire ici, au Japon, c'est un peu comme une retraite... Voilà le résumé de ma longue vie, tu veux savoir autre ch... ? »

Il hausse un sourcil en le voyant toujours avachi sur le comptoir, se demandant s'il l'avait écouté ou si il était en train de s'assoupir promptement.

« Oh je t'en prie, je veux bien être ennuyant mais quand même ! Tu me donnes l'impression d'être un acteur qui joue un dépressif au bar dans un vieux feuilleton en noir et blanc. Et moi je tiendrais probablement le rôle du niais qui l'accompagne dans sa connerie... Bon la musique n'aide pas, certes, mais secoue-toi un peu ! »

Il sourit doucement, un peu mesquin, et vient lui poquer gentiment la joue sans lui faire mal.

© Adrenalean pour Epicode

Invité
Dim 28 Fév - 8:00
Sorey était proche d’un état second. La réalité se dilatait peu à peu, au fur et à mesure que les liaisons entre ses synapses soient obstruées à cause de l’alcool. Il avait fini son verre et avait maintenant une violente envie d’uriner. Mais un truc énorme, à chaque mouvement il avait l’impression que sa vessie allait exploser. Comme si on frappait sur un ballon remplie d’eau avec aiguille, à tout moment ça pouvait péter. Il posa alors son coude sur le comptoir et posa sa tête sur sa main droite. Il écoutait Fabio se dévoilait un peu plus. Il lui présentait ici un petit résumé de sa vie. Il s’ouvrait sans trop s’ouvrir. Ses informations Sorey aurait sans doute pu les avoir facilement comme en lisant n’importe quel résumé d’un livre susceptible de nous intéresser. Mais ce qui lui interessait au final, c’était les mots entre ses lignes, c’était ce qui était écrit le long du roman mais avant d’être au courant de tout ça, le livre doit être ouvert par une personne.

Sorey le regardait d’un œil limpide et lointain. Il réfléchissait et prenait du temps à digérer les informations (aussi simple soit elles). D’un air sérieux, il l’écouta jusqu’au bout, avec un décalage dans son petit crâne certes mais il l’écouta jusqu’au bout. Sorey avait émis l’hypothèse qu’il avait vécu à Rome, d’une part à cause de son style peu commun et aussi parce qu’il ne connaissait aucune autre ville italienne. « J’en ai eu marre… je suis venu au Japon » Et bah dis donc il fait pas les choses à moitié se dit-il. La musique en fond finit, la symphonie de Janacek commençait très très discrètement. Mais le rythme appuyait son cerveau et sur sa vessie. Puis Fabio le poqua la joue, ce qui le ramena un plus vers la réalité, il lui sourit, la sensation de son doigt sur sa joue l’excita. Phénomène étrange mais bel et bien présent. Sorey se leva difficilement, titubant un peu, manquant de tomber, il se rattrapa posant son poids sur l’italien, sa tête se posant contre son torse un moment puis il se redressa, avec un petit sourire faussement gêné.

« Oulala, on ne tient pas droit Fabio fais attention un peu, je reviens ! » Il tapota l’épaule et demanda au barman où se trouvaient les toilettes. Il s’interrompit de laver son verre avec un torchon pour lui indiquer une porte au bout du bar. Sorey se concentra et feinta de marcher normalement jusqu’au toilettes. Une fois la porte verrouillée, le professeur dépose tout son poids contre le mur et ouvrit la valve. Le mur était confortable, la musique avait presque disparu, les toilettes étaient incroyablement bien insonorisé. Pendant ce temps-là, le barman, quelque peu inquiet par le comportement de son client se dirigea vers l’italien et dit d’une voix incroyablement professionnel mais aussi bien veillant.

« Vous devriez l’empêcher de boire, avec son petit gabarit, il risque de finir dans un méchant coma. »

Sorey sortit alors des toilettes tout souriantes en rattachant sa ceinture difficilement. Le barman tapa sur le comptoir et s’en alla, laissant les deux hommes seuls. Sorey se posa à nouveau sur le comptoir, s’accoudant de ses deux bras. Il appela le serveur sans faire trop de bruit et demanda un autre gin tonic. Son regard se porta à nouveau sur l’italien.

« Tu vois j’suis pas dépressif, j’avais juste une violente envie d’aller aux toilettes. » Un couple était venu s’installer sur une table aussi pendant cette période. L’endroit était si calme que Sorey remarqua leur présence que 5 minutes après leur entrée. Il reprit ensuite une fois son verre arrivé, après avoir bu une bonne gorgée.

« En tout cas c’était un bon petit résumé, ça donne envie de lire le livre ! »

Il ferma les yeux un moment puis reprit le cours de ses pensées en sirotant son verre. Puis sourit seul et dit.

« Tu sais que je te trouve plus beau sans ton chapeau ? Tiens d’ailleurs ton verre est vide ! » Sorey entreprit alors de lever la main au nouveau pour commander un verre à son nouveau compagnon.
Invité
Ven 25 Mar - 2:07

Conjecture de Syracuse

Fabio venait donc de gentiment poker la joue du professeur, inquiet de le voir à moitié présent. L'homme se mit à sourire avant de se mettre à se lever, titubant, tenant à peine sur ses jambes. Fabio se redressa instinctivement pour le réceptionner en cas de perte totale d'équilibre. Mais il n'eut même pas à calculer le point de chute puisque Sorey vint s'écraser tout contre lui. Le psychologue le réceptionne volontiers, robuste, le gardant contre lui le temps que sa tête arrête de tourner. Puis le jeune homme se redresse de lui-même mais Fabio garde un œil sur lui, continuant de le soutenir en le tenant par les épaules. Il le fixait d'un air soucieux alors que le professeur, visiblement ivre comme un pot, rejetait sa perte d'équilibre sur lui avant de s'en aller au toilette. Fabio se pinça les lèvres avant que le barman ne lui conseille de stopper son ami avant qu'il ne fasse un coma.

« Merci du conseil, c'est bien mon intention, il va trop loin. Tenez, je paies les conso, je pense qu'un fois qu'il aura fini, je le raccompagnerai chez lui. Je crois même que je vais restez là-bas, sait-on jamais... Le prochain verre qu'il commande, servez-lui de l'eau s'il vous plait, je pense qu'il ne verra pas la différence. »

Il fouilla donc sa sacoche pour en extirper son porte-monnaie et paya toutes les consommations avant que Sorey ne sorte des toilettes. Le psychologue rangea son porte-feuilles et se rassit sur son tabouret comme si de rien n'était, se contentant de sourire au jeune homme lorsqu'il lui maintient ne pas être dépressif. Pour boire autant, il ne pouvait que l'être et ça désolait le psychologue qui se sentait impuissant face à ça. Le barman apporta un nouveau verre de gin tonic factice, échangeant alors un regard entendu avec Fabio avant de retourner s'occuper d'un autre client. Il écouta Sorey sortir ses belles phrases de poètes de comptoir, gardant son sourire aimable ainsi que le silence, comme un sage. Fabio avait oublié ce qu'un homme ivre était capable de dire, il avait oublié que dans ce genre de cas le compliment devient facile, mais la suite ne lui plu guère. Il décide donc d'intervenir en venant saisir assez fermement la main du jeune homme, la rabaissant tout en plongeant un regard assez puissant dans le fond de ses yeux.

« Sorey. Je crois que ça ira pour ce soir, que ce soit pour moi ou pour toi, d'accord ? Il est temps pour nous de rentrer, je te raccompagne et je ne te laisse pas le choix. Je compte aussi rester un peu avec toi pour être sûr que tout va bien, ça aussi tu n'as pas le choix. »

Lui souffla-t-il avec autorité mais dans une étrange douceur, pour qu'il comprenne que c'était pour son bien. Sa voix était désormais plus sérieuse, plus adulte, par conséquent plus grave, ça avait son charme. Si Sorey n'était pas d'accord, Fabio était prêt à en découdre mais vu l'état du professeur, la balle était dans son camp. Le psychologue se redressa puis tira doucement la main du jeune homme pour qu'il en fasse de même, mais celui perdit de nouveau l'équilibre. Fabio le réceptionne donc, comme la première fois, mais vient cette fois-ci l'enlacer pour le redresser, logeant ses mains dans le creux de ses reins. Il repose son regard dans le sien et lui sourit doucement, reprenant donc paroles.

« Tu vois, je crois même que je vais devoir te porter, tu as de la chance que les rues ici ne soient pas trop fréquentées. »

Choses dites, choses faites. Fabio s'accroupit légèrement, passe ses mains sous les fesses du jeune homme et le soulève, le portant tout contre lui. De cette manière, il lui évite l'humiliation du porter de princesse, c'est déjà pas mal. Le psy salut donc le barman et sort de l'établissement sous le regard intrigué du couple qui se trouvait là. Il n'y prête guère attention et commence donc à marcher dehors, l'air frais devrait faire du bien à Sorey. Tout ce qu'il espérait c'est qu'il ne perde pas connaissance, on pouvait d'ailleurs sentir qu'il était très inquiet pour son camarade. Après quelques mètres Fabio le questionne, non seulement pour une question pratique, mais aussi pour le maintenir éveillé et alerte.

« Tu es apte à m'indiquer où tu vis ou bien je te ramène chez moi ? »

© Adrenalean pour Epicode

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