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Retrouvailles familiales || Ft Yumi.

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INSCRIPTION : 24/12/2015
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CHAMBRE : Chambre 0 - Dortoir X
Lun 18 Jan - 13:10

- « M’sieur, une p’tite pièce, siouplait ! J’suis sûr que z’avez bon cœur. »

Alors que j’passais tranquille dans un coin, j’me fis accoster par un clodo. Un vieux SDF même. La soixantaine bien sonnée. J’eus immédiatement pitié de lui et fouillai dans la poche de mon jeans avant de lui tendre un gros billet. L’clodo exulta, me serra même brièvement dans ses bras et se cassa sans demander son reste. Bah au moins, il avait eu la décence de me remercier. Ça n’allait certainement pas changer sa situation, mais c’était déjà ça de pris. Et puis, c’était pas comme si j’pouvais faire grand-chose pour lui. J’gagnais pas une fortune non plus, malgré mon poste plutôt respectable. Respectable hein… La bonne blague quand on savait que ce bahut était pourri. Tellement pourri que j’avais décidé, aujourd’hui, d’en sortir, d’m’en tenir éloigné pour un moment. Travailler là-bas était à la fois une vraie bénédiction, mais aussi une vraie galère. Bénédiction parce qu’espérer quelque chose de mieux, c’était pas possible ; galère parce que le travail en lui-même était chiant et harassant. J’étais limite un gardien de prison, quelque chose comme ça ; ce qui n’était pas très enthousiasmant comme vous pouvez vous en doutez. Chienne de vie.

Dans les rues, il caillait sec. J’trouvais généralement ce temps un peu chiant, malgré le fait que j’étais né sur l’archipel et que j’y ai passé toute ma pauvre life toute pourrie. Ma peau supportait mieux l’été par exemple que ce temps hivernal. Chiant au possible. D’ailleurs, y avait pas grand monde à l’extérieur. Des vendeurs, des joggeurs, des pères de familles qui promenaient leurs clebs comme à l’occidental… Et c’était tout. Il n’y avait pas eu de neige dans l’coin ces derniers temps, mais l’atmosphère en général était glaciale. J’étais d’ailleurs vêtu chaudement : Manteau noir, jeans qui allait avec, gants, écharpe et lunettes noires sur le pif. Seuls mes tifs étaient à l’air libre, mais j’regrettai presque de ne pas être sorti avec un bonnet pour les recouvrir comme il se doit. Ceci dit, j’étais pas très enclin à rentrer au pensionnat pour en chercher un. Sei était plutôt étouffant. Il était possible que j’me casse du coin en cas de bonnes opportunités, mais c’était clairement pas demain la veille qu’une opportunité sortie de nulle part s’offrirait à moi. Mission impossible. Situation lamentable. Même professionnellement parlant, ma vie était pourave.

J’balayai rapidement ces pensées de ma p’tite tête. Le temps était déjà déprimant pour que j’me morfonde. J’avais toujours appris à rebondir malgré mes déboires et c’était pas maintenant que ça allait s’arrêter. J’étais un débrouillard et nul doute que j’allais trouver une solution à tout ça. Pour l’moment, l’idée était de profiter de l’instant présent sans trop m’faire chier, ce qui n’était pas vraiment évident. Il était peut-être 16h, mais on était un dimanche d’hiver et forcément, dehors, il n’y avait pas grand-chose à faire. A bien des égards, j’aurai p’être dû rester dans mon lit, bien au chaud sous ma couette. J’aurai pu appeler Manon histoire de lui péter le fion, mais non. J’eus une pensée pour cette p’tite folle en me demandant ce qu’elle pouvait être bien en train d’faire à l’heure actuelle. Sucer un autre mec ? Réviser ? Glander ? Latter les couilles d’un dragueur un peu trop lourdingue ? Tout était probable. Et toutes ces probabilités avaient le mérite de m’arracher un rire pendant que je flânais dans une avenue où quelques boutiques étaient ouvertes. Lorsque j’passai devant un magasin d’jeux-vidéo, j’m’y arrêtai un moment, mais mes finances étaient au rouge…

J’pouvais pas faire de folies. Chienne d’vie moi j’vous dis.

J’continuai donc ma route tranquillement, jusqu’à tomber sur un distributeur à un coin de rue. J’me pris deux boissons chaudes, avant de recommencer à flâner, jusqu’à tomber sur le plus grand parc de la ville. Quasiment désert. Seuls les sportifs les plus chevronnés s’entrainaient dans le coin en trottinant ou en faisant de petits mouvements de gymnastique. Tout ça me rappelait un peu mes années passées à être prof de sports. Personne dans tout le pensionnat ne se doutait que j’avais déjà été, un jour, professeur. J’étais pas aussi bien payé que maintenant (Des clopinettes pour tout dire) mais au moins j’avais un meilleur cadre de travail où les élèves n’étaient pas trop chiants. Le bon vieux temps quoi. Où on m’cassait pas les burnes pour du vandalisme et d’la violence gratuite presque tous les jours. Sei était capable de rendre certaines personnes folles et hystériques, sérieux. Heureusement que j’en avais vu, des trucs cheloues dans ma vie, sans quoi j’me serai barré depuis très longtemps. Là encore, j’eus un petit rire avant d’me laisser tomber sur un banc pour ouvrir une canette de café encore chaude. L’aprem avec ce ciel grisonnant allait s’avérer longue.
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Moon
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Mar 19 Jan - 9:00
Yumi regarda autour d’elle. Il faisait froid, trop froid pour passer sa journée dehors. Et pourtant la voilà, plantée devant la bibliothèque de la ville. Fermée bien sûr. Un dimanche, elle aurait dû s’en douter. Mais elle était à cours d’option. Elle frissonna et resserra son manteau autour et réajusta ses gants. Y a des jours où il vaut mieux rester au lit. Et elle l’aurait fait si elle l’avait pu. Elle tourna le dos au bâtiment et laissa son regard errer dans la rue. Il n’y avait personne. Pas fous les gens, qui irait sortir le bout de son nez avec ce temps. D’ailleurs en louchant elle pouvait voir le sien devenir rouge. Il ne lui manquait plus qu’un rhume pour parfaire sa journée. Peu convaincue, elle se mît en mouvement. Autant éviter de geler sur place, immobile.

Une bourrasque la happa par derrière, faisant trembler ses jambes. Elle maudît ses colocataires. Deux têtes brulées qui ne faisaient que se quereller du matin au soir, et du soir au matin d’ailleurs. Son seul répit était quand l’une des deux décidait de dormir dans la chambre d’une autre. La jeune fille avait su le supporter jusque-là, mais jouer au tampon H24, était lassant à force. Si on lui rabattait encore une fois les oreilles avec le rôle et l’image présumée de la femme dans notre société… Elle ne répondrait plus de rien. Et pourtant elle n’était pas d’un naturel violent, au contraire même. Mais il semblerait que tout le monde ait ses limites. Son seul regret est de pas avoir eu le temps de récupérer sa dose avant de partir entre les cris d’une Mariko furibonde et le corps dévêtu et moqueur de Liese. Au moins ce serait-elle sentie moins seule dans ce froid. Être clean était la chose la plus ennuyeuse qu’elle connaissait.

Feu rouge. Yumi fixait la signalétique piétonne, attendant patiemment qu’elle passe au vert. Elle ferait mieux de rentrer. Peut-être retenter la bibliothèque du lycée. Y retenter sa chance. Peut-être que les gars qui s’y étaient installés, débattant bruyamment et virulemment du nouveau Star Wars, se seraient lassés et étaient partis. Ou peut-être quelqu’un les aura fait partir. La cafétéria risquait d’être pleine elle aussi. Peu de gens sortaient et pourtant peu étaient désireux de rester enfermés dans leur chambre. En fait peu importe, n’importe quel endroit où se poser au chaud, lui irait aussi parfaitement. Vert. Elle enjamba le trottoir automatiquement. La jeune fille entendit brusquement un crissement sur sa droite. Une voiture se stoppa à quelques centimètres d’elle. Bleue électrique. Elle se retourna et recula de quelques pas, surprise. L’homme, une trentaine d’années, derrière le volant regardait la jeune fille, la bouche entrouverte. Il semblait être aussi surpris qu’elle de cette rencontre inopinée. Le feu tricolore était pourtant bien rouge. Apparemment le dimanche les chauffards sont de sortie. Personne ne sort avec ce froid, pourquoi respecter le code de la route ?

« Non mais t’es taré ou quoi ?! Regarde la route la prochaine fois ! »

Elle traversa la rue rapidement et lui jeta un regard noir, énervée et choquée. Ce n’était décidément pas sa journée. Elle en avait marre. Vraiment. A ce rythme, elle se jetterait seule sous les roues de la prochaine voiture qui passerait dans le coin. Elle se sentait mal. Les instants de déprimes ne sont pas rares ces derniers temps. On le lui avait dit que ce serait dure. Qu’elle aurait besoin d’aide. A sa sortie de cure, elle avait pris part à ses fameuses « réunions anonymes » bien connues du grand public. Mais depuis son retour au Japon, elle n’avait pas eu l’occasion d’en trouver. Cette ville semblait trop parfaite pour avoir ce genre de club.  Yumi fouillait son sac à la recherche de son paquet, acheté la veille. Une cigarette rien de plus. Elle en avait tellement besoin. Il parait qu’une fois qu’on a déjà subi une forte addiction à un produit, il était fortement déconseillé de toucher à tout ce qui pourrait causer une nouvelle dépendance.  Cela comprenait l’alcool et le tabac. Mais bon, dur de demander à une jeune de ne plus toucher à ce doux breuvage enivrant. Sa vie étudiante commençait à peine. Et le tabac n’était pas illégal. Tellement de gens y étaient dépendants, une personne de plus n’y changerait rien. Et pour le moment elle n’avait pas encore replongée. Elle avait gardé sa came sans y toucher. En même temps dur de l’utiliser en paix avec les deux teignes avec qui elle vivait.

A sa gauche l’entrée du parc. Bonne idée autant mettre de la distance entre elle et la route, avec sa chance. Elle sortit une clope et la coinça entre ses lèvres, relâchant négligemment le paquet dans son sac fourre-tout. Zut, où est passé son briquet maintenant ? Elle fouilla ses poches, passant près des bancs. Elle allait continuer sa route quand elle remarqua quelqu’un. Elle ralenti le pas, s’arrêtant de l’autre côté du chemin. Yumi ne savait pas pourquoi, mais elle avait l’impression de le connaître. Un vieux souvenir qui n’arrivait pas à émerger. Dans tous les cas, ça ne datait pas de sa période en Irlande. Avant ses 12 ans ? Oui surement. Il devait avoir un lien avec la famille Nakajima forcément. A cette époque c’était les seules personnes qu’elle rencontrait. Elle mit enfin la main sur son briquet. La jeune fille ôta un de ses gants et utilisa sa main ainsi libérée pour actionner son feu et allumer sa cigarette. Plus elle regardait cet homme, plus une image se formait dans sa tête. Elle devait en être sure. Elle s’approcha doucement de lui.

« Jin… ? »

Jin – si c’était bel et bien lui – et elles ne s’étaient plus vus depuis sept ans, elle en avait alors 10. D’après ses souvenirs, il était le fils du frère de son père, décédé depuis longtemps. Bien que cousin, elle ne l’avait pas vu souvent. Les histoires de la famille Nakajima étaient assez opaques. Du moins l’étaient-elles pour elle. Elle secoua la tête. Elle devait se faire des idées. Et même si c’était bien lui, d’après un souvenir vieux de 7 ans, il n’y avait que peu de chance qu’il se souvienne d’elle. Une gamine un peu folle et toujours couverte de brindilles et de terre, qui avait tout de même pas mal grandi depuis le temps.

« Veuillez m’excuser, j’ai dû faire erreur sur la personne. »

Elle lui lança un petit sourire poli et un signe de tête. Voilà qu’elle-même s’amusait à perturber les dimanches de parfaits inconnus.


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Lun 25 Jan - 20:55

- « Y’a aucune erreur, j’te rassure. »

J’aurai pu envoyer balader la personne qui m’avait approché, mais la politesse dont elle avait fait preuve m’en avait un peu dissuadé. J’étais p’être un connard pour beaucoup d’personnes, mais j’savais clairement faire la part des choses et me montrer aimable. Maintenant, il me restait plus qu’à mater la meuf qui m’avait approché vu que je regardais ailleurs pendant ce temps-là. Lorsque j’le fis, j’n’eus aucune réaction ceci dit : La meuf à mes côtés avait l’air d’une gamine. Une japonaise. Tout ce qu’il y a de plus banal. De ce fait, j’me triturai un peu les méninges pour savoir à qui j’avais affaire. C’était un peu bizarre quand même. Les filles que j’avais côtoyé étaient toutes ou presque passées dans mon lit. Faut dire que j’étais pas franchement doué pour faire ami-ami avec le sexe opposé. C’est fort de cette conclusion que mes pensées affluèrent vers mon passé alors que mes mirettes détaillaient ceux de mon interlocutrice qui me disaient vaguement quelque chose. Pis, d’un seul coup, l’un des souvenirs d’mon adolescence m’revint à la tronche comme l’effet d’un coup d’poing bien senti. Ladite tronche s’décomposa en quelques secondes seulement et la sérénité laissa carrément place à la surprise. Oui oui. J’étais sur le cul. Pas meilleure expression que ça.

- « YUMI ?! »

Même un gars comme moi pouvait être frappé par la surprise, l’étonnement et tout ce qui s’en suivait. Et pour être sur le cul, j’étais sur le cul. J’secouai doucement ma tête, avant de ressasser les différents souvenirs liés à cette gosse qui ressemblait cruellement à celle que je voyais en face de moi ; puis j’eus un rire en passant une main sur ma face. Sérieux… Qui l’eut cru ? Moi, rencontrer un membre authentique des Nakajima ici ? Pas du tout possible. Oui, authentique. Parce que j’ne l’étais pas moi. Satoshi Nakajima, l’frangin du vieux de Yumi, n’avait pas du tout été mon vrai père. Juste mon beau père. Et ça fait une énorme différence. De ce fait, j’n’étais que l’cousin par alliance de la jeune femme qui se tenait à mes côtés. Nous n’avions pas du tout le même sang. Ceci dit, elle contrairement à la plupart des membres de la famille des Nakajima ne m’avait pas du tout détesté. Sans doute à cause de son bas-âge et de l’innocence du moment. Maintenant qu’en était-il ? Je pouvais penser sans risques, qu’elle avait gardé la même bienveillance, mais l’homme était un animal vraiment changeant. Elle ne faisait clairement pas exception…

- « Eh bien… T’as grandi. T’es presqu’une femme même, héhé… »

Et c’était pas du tout exagéré d’le dire. Si elle avait gardé cette bouille toute mignonne, il n’en demeurait pas moins qu’elle avait sacrément poussé la Yumi. Malgré les vêtements qu’elle avait portés, un détail n’échappa pas à mon regard de pervers : Ses hanches. Si elles étaient déjà si évasées alors qu’elle ne devait avoir que seize ou dix-sept piges, je n’osais même pas imager ce que ça deviendrait une fois qu’elle aurait vingt-deux ans. Parce que qui disait grosses hanches, disait la plupart du temps gros cul. C’était indéniable. J’abandonnai très vite ses courbes du regard, cependant. Pour me focaliser sur la cigarette qu’elle avait. Fumeuse ? La gentille petite Yumi ? Eh bien… Voyez-vous ça. Enfin, le tabac n’avait rien à voir avec le caractère, donc… « Et, c’est quoi la marque ? » D’un geste du menton, je désignai la cigarette qu’elle avait en main. J’étais pas le genre à réprimander pour ça ; d’autant plus que je n’étais pas celui qui avait fait son éducation, ni le meilleur gars pour lui faire la morale, alors que j’avais commencé depuis très jeune et qu’il m’arrivait, parfois, de fumer un paquet par jour carrément. Oui, il y avait des jours comme ça…

- « Alors, c’est quoi le projet ? Qu’est-ce que tu fais toute seule dehors et dans le froid ? »

Puisqu’elle s’était approchée de moi, autant taper la discussion comme si elle était normale. Et puis en toute franchise, j’avais pas vraiment d’autres questions, puisque je ne me voyais pas demander comment allaient les autres membres de la famille. J’étais pas du tout hypocrite quoi. Manquerait plus que ça d’ailleurs. J’me remis à la détailler une nouvelle fois encore. Faut dire qu’elle était plutôt pas mal et que son petit-ami devait sans doute se mettre bien. Pour peu qu’elle en ait un. Mais là n’était pas non plus ce qui importait. J’allais me tenir tranquille. C’était pas parce que nous n’avions pas le même sang et que j’me fichais des Nakajima que j’allais pousser le vice plus loin. « Y’a du café si tu veux. » Amicalement, j’lui indiquai qu’elle pouvait poser son gros derche à mes côtés et profiter de la deuxième canette. Partager n’allait pas du tout me tuer. D’ailleurs, je bus une énième gorgée de mon breuvage qui me réchauffa agréablement. J’fumais moi aussi comme un pompier, mais là, le café était clairement mieux qu’une clope qui donnait juste la sensation d’être réchauffé, mais qui en réalité n’avait aucun impact sur la température du corps.
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Moon
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Dim 31 Jan - 6:51
« Y’a aucune erreur, j’te rassure. » La jeune fille s’arrêta, étonnée. Pourtant elle n’avait pas vraiment de raisons pour l’être. C’était elle après tout qui l’avait abordé en l’appelant par son prénom visiblement. Ces quelques instants de doutes lui avaient pourtant permis de faire le deuil de cette idée saugrenue que son cousin était en ville. Dans la même ville qu’elle. Jamais son père ne l’aurait autorisé, surtout en sachant qu’il avait lui-même choisi le lieu où elle terminerait sa scolarité. Toute l’histoire c’était passée bien avant qu’elle ne soit en âge de comprendre quoique ce soit à ses tenants et aboutissants, mais une chose était sure. Son père ne l’appréciait guère et avait plusieurs fois réprimé sa fille pour l’avoir appelé « cousin », ce qu’en soit, il était. N’ayant plus revu Jin depuis cette époque lointaine, elle n’avait pas cherché à en savoir plus mais quoiqu'en disait ses parents, il restait un membre de sa famille. Au moins y en avait-il un, qui n’était pas aussi tordu et perverti qu’eux. Ou qu'elle d’ailleurs. Je devrais abandonner l’idée d’être normal, je suis une Nakajima après tout. Et les Nakajima sont pourris jusqu’à la moelle. Yumi se retourna à nouveau vers l’homme installé sur son banc qu’elle venait à peine de quitter. Elle regarda attentivement son visage. L’avait-il reconnu ou était-ce un simple hasard ? Rencontré un Jin par erreur. Cela ferait une bonne histoire à raconter à Mariko.  Même si elle lui poserait sûrement des questions auxquelles elle ne pourrait probablement pas répondre. Peut-être devrait-elle rechercher Jin, le vrai, une fois rentrée ? Ne rien connaître de toute une partie de sa famille était tout de même assez surprenant, surtout qu’il ne s’agissait pas là de membres très éloignés. Le jeune homme la fixait, lui-même perdu dans ses pensées, ou sa mémoire qui sait. Peut-être cherchait-il à savoir qui elle était pour connaitre son nom. Et peut-être avait-elle trouvé la bonne personne.

« Yumi ?! » Bingo. Plus de recherches à faire, ou peut-être pour elle sur le fin mot de cette histoire passée, mais plus tard. Elle n’avait pas fait erreur sur la personne malgré les traits transformés de son cousin. Son visage juvénile avait été marqué par le temps et s’affirmait. Moins doux, plus brut et empreint de caractère. Yumi s’approcha de lui, avançant de quelques pas et sourit. Ce sourire était aussi bien pour la joie d’avoir été reconnue et donc de ne pas être folle, bien qu’elle soit impressionnée qu’il ait réussi à se souvenir d’elle malgré sa poussée de croissance, que pour l’expression qui lui offrait à ce moment. Il semblait aussi étonné qu’elle de la voir ici.

« Oui c’est bien moi. Qui l'aurait cru ! »

Sa journée n’était peut-être pas perdue. Il est bien vrai qu’elle n’était pas du genre à se mêler des affaires des autres, inconnus au bataillon,  en temps normal. Cela la fatiguait énormément en réalité. Pourtant Yumi était d’un naturel curieux, enfin à sa façon. Et encore d’avantage lorsqu’il s’agissait d’une personne qu’elle connaissait, même si elle ne la connaissait que peu. Et elle ne pouvait dire être très proche de son cousin. Cependant il valait mieux ne pas l’assaillir de questions sur « Qu’est-ce que tu as foutu tout ce temps ? » Néanmoins elle en mourrait d’envie. Mais surtout elle voulait savoir comment lui avait fini ici. Et ce qu’il y faisait. Il devait forcément travailler mais elle ignorait totalement ce à quoi il s’était destiné. En même temps quand on a dix ans, les questions sont légèrement différentes. Vous imaginez : « Viens jouons à la marelle ! Au fait quels sont tes plans de carrières ? » Une question vînt pourtant la sortir de ses réflexions intempestives. Reprenant le train en cours de route elle n’entendit vraiment que « marque » et suivit des yeux ce qu’il lui désigna d’un geste. Sa main. La cigarette. Ah ! La marque de sa clope ! Cela paraissait plus logique en effet.

« Camel. Je n’ai pas pu trouver de Philip Morris malheureusement. Si tu en veux une demandes moi. Enfin si tu fumes. »

Entendant la prochaine question elle se demanda quoi faire. Elle venait à peine de le retrouver en quelque sorte, allait-elle vraiment immédiatement se plaindre auprès de lui ? Je vais le faire fuir à coup sûr. Elle soupira discrètement et s’installa à côté de lui sur le blanc à l’endroit qu’il lui désignait. La surface était gelée et elle frissonna sur le moment le temps de s’y habituer, enfin en quelque sorte. Il semblerait que les collants ne soient pas des plus perméables au froid. Quelle drôle d’idée d’en mettre en hiver. Pourtant ils pouvaient bien valoir un jean, surtout quand ce dernier était fin. « Merci. » Elle prit la canette entre ses mains, sans pour autant l’ouvrir immédiatement. Allez ma grande lance toi. Yumi jeta sa première clope, dont le foyer commençait à se rapprocher dangereusement du filtre. Plus rien à en tirer. Elle en sorti une deuxième et l’alluma tandis qu’elle commençait.

« Pas de projet particulier en réalité. Comme tu me vois, je n’ai rien de mieux à faire de ma journée que d’errer dans la ville à la recherche d’un endroit à peu près calme. En fait je suis arrivée récemment. Mon père m’a gentiment envoyé ici pour ne plus m’avoir dans les pattes. Au pensionnat de Sei pour être précise. Je ne sais pas si tu connais. Enfin je dis ça, mais ça m’arrange aussi. L’avoir constamment sur mon  dos, devenait quelque lassant à la longue. Donc je ne m’en plains pas trop. »

Elle prit une longue bouffée, forte en nicotine, et exhala. Ouvrant enfin son café elle en prit une gorgée. Le froid agressait quelque peu sa gorge et elle ne tenait pas à entendre sa voix dérailler. La honte, comme elle dirait.

« Mais bon du coup je me retrouve en colocation avec deux autres filles de mon école.  Autant séparément je les adore, vraiment il n’y a aucun problème, mais alors quand elles sont toutes les deux ensembles… Ça devient vite une horreur. Elles s’entendent comme chien et chat et passent leur temps à s’envoyer des pics de parts et d’autres, et à se battre. Aujourd’hui est l’une de ces journées et ça m’a saoulé. Du coup me voici. Dans le froid. »

Elle se tût un instant, les yeux dans le vague. Mouais, j’ai vraiment des journées passionnantes… Je ferais mieux de me trouver un mec à ce rythme. Haussant les sourcils devant cette évidence,  elle reprit une gorgée de café et se cala plus confortablement sur le banc. Elle se tourna vers Jin avec un sourire en coin.

« Et toi ? Quelle est ton excuse pour te retrouver sur ce banc par cette belle journée ensoleillée ? »

L’ironie est notre amie. Elle s’apprêta à tirer à nouveau sur sa clope mais celle-ci semblait déjà s’être donnée au vent frais qui soufflait. Parler ou fumer, telle était la question. Apparemment celle-ci avait choisi à sa place. J’aurais dû me remettre aux roulés. Elles s’éteignaient souvent certes, mais au moins c’était bien nous qui les fumions, au lieu de les voir se consumer seules. Elle regarda le bout qui lui restait et le lança rejoindre la première cigarette. Yumi se tâtait à en sortir une troisième. Peut-être tout à l’heure, sinon elle aurait fini son paquet avant la fin de la journée. Enfin, au pire trois autres l’attendaient sagement dans sa chambre. Bien au chaud eux.
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Jeu 4 Fév - 1:21

- « Moi ? J’me faisais chier chez moi… Mais c’est clair que c’est un temps pourri, haha ! »

J’l’avais laissé parler pendant un long moment. Véritable petite pipelette, mais c’était pas un mal. En fait, Yumi en une minute, m’avait adressé plus de mots que n’importe quel autre membre de la famille Nakajima en une seule année. Dingue hein ? Et pourtant. J’pouvais donc me considérer comme chanceux, quelque chose comme ça. Quoique non. En fait, j’m’en foutais un peu. J’m’étais affranchi de ces gens, j’avais plus affaire à eux depuis de nombreuses années, donc quelque part, ouais, j’m’en fichais. Au final, que cette gamine me parle ou pas n’allait certainement pas influer ma life actuelle. Il serait dommage que l’on vienne à se détester pour de petits détails, mais bon, la vie était ainsi faite. Ceci dit, une mauvaise relation entre nous pouvait ne pas l’arranger. Si j’me mettais en tête d’me venger de ce que les Nakajima nous avait fait subir comme souffrances mentales et tout, la gamine risquait de prendre cher : Après tout, elle venait de m’avouer qu’elle était à Sei. Et cette info, même si j’étais resté super stoïque, n’avait pas manqué d’me faire tressaillir puis sourire intérieurement. Ouais. Au fond, j’étais pas mal amusé. Le destin est joueur.

- « Sinon que c’est pas d’refus. J’fume comme un con. L’genre à foutre en l’air un ou deux paquets par jour. Faudrait que j’arrête, parce qu’à ce rythme, hahaha ! »

Cancer des poumons hein ? On a beau passer des spots publicitaires et des avertissements que non, j’y arrivais pas à stopper. J’avais moi aussi connu la beuh et tout. J’avais connu tous les vices en fait. Mais si j’ai réussi à me contrôler sur le volet joints et alcool, la cigarette et le sexe, c’était autre chose. Encore que la cigarette était une compensation. La drogue, on l’arrête pas comme ça. Faut un mental énorme. Un rien peut faire rechuter. M’enfin, c’était su de tous, ça… « C’pas pour me jouer au moralisateur, mais tu devrais aussi. T’es mignonne. La cigarette, ça va plus avec les fumiers d’mon genre, héhé. » J’l’aimais bien cette petite. Simple. Jolie. Tranquille. Sauf qu’elle semblait aussi avoir vu des vertes et des pas mûres. Normal vu notre famille de barjes. Du reste, il eut une autre info qui suscitait maintenant ma curiosité : Son père l’avait tej’ ? Mais pour quelle bonne raison ? La gosse semblait pas franchement farouche ou pourrie gâtée. Aux premières vues en tout cas. Mais qu’est-ce qui aurait bien pu la pousser à devenir comme ça, si jamais… ? Ah… Facepalm. Ouais. En ricanant et sans rien dire, j’me fis un facepalm, comme ça. Y’avait pas d’raisons avec ces gens.

- « Et il s’est passé quoi pour que le vieux veuille se débarrasser de toi comme ça ? »

Au final, j’avais quand même fini par poser la question. Vu qu’on était de la même famille, j’pouvais me le permettre non ? J’étais son cousin, merde, haha ! Tranquillement alors, j’pris ma canette et j’me mis à boire quelques gorgées. Restait plus grand-chose. J’devrais p’être aller m’en racheter, d’autant plus qu’il commençait à cailler sévère. Le plus drôle, c’est qu’il ne neigeait même pas. Ça rendait le tout vachement morose. Journée ensoleillée qu’elle avait dit hein ? J’aurai largement préféré, ouais. J’avoue que je kiffais le soleil, l’été. Ça m’rendait parfois nostalgique puisque j’pensais à ma vieille et à son brésil natal. Fallait que j’me décarcasse un jour pour aller là-bas, tiens. J’parlais bien le portugais, j’avais un bon niveau en anglais, donc ça n’allait pas être un problème. Du moins j’l’espérais, haha. Mais ma gueule n’était pas à l’ordre du jour : « Sei ? J’connais cette école. Il s’raconte des choses pas très nettes dessus. Tu confirmes ? » Là, c’était sorti spontanément. J’aurai pu rire et lui déclarer de but en blanc que j’étais son p’tain d’CPE qui baisait toutes les callipyges qui passaient sous ses yeux, du moment qu’elles étaient majeures et consentantes, mais non.

- « J’espère que t’as trop de problèmes là-bas. Ça m’attristerait d’voir ma cousine souffrir pour quedal. »

Cette fois, j’avais retourné ma tête vers elle, avant d’lui décocher un sourire. Pas l’sourire pervers et intéressé, mais plutôt sincère et fraternel. Ça m’arrivait pas souvent, mais la gamine était une exception. Pis, on était un peu dans la même merde là : Dans l’froid, à se demander c’qu’on faisait là. Enfin, moi par ennui et elle par dépit mais c’était du pareil au même. D’ce fait, j’fis un truc que j’avais l’habitude de faire quand nous étions seuls : La prendre dans mes bras. Mais ici, j’avais passé mon bras le plus proche d’elle par-dessus ses épaules, avant de la serrer tendrement contre moi. Un peu de douceur dans ce monde d’brutes, c’était pas si mal. Et puis avec ce froid de merde, on pouvait dire qu’on se réchauffait un peu l’un contre l’autre. J’me permis même d’humer son odeur. Très bonne. Naturelle. Quoiqu’un peu gâchée par la nicotine, finalement. Mais c’était pas grave. Pis là, j’me mis à regarder les alentours. Désert. A pas une voiture qui passa en flèche et deux ou trois passants, il y avait presque plus personne dehors. Notre couple était bien beau à braver le froid comme ça. Un peu stupide aussi. Mais peu importe au final. Peu importe.
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Moon
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Dim 7 Fév - 7:51
Apparemment son cousin devait bien habiter dans la région, sinon pourquoi viendrait-il se poser dans ce parc ? Il n’était pas beaucoup plus intéressant. Cela n’avait donc aucun intérêt de faire un long trajet pour lui. Après il pouvait être de passage. Elle nota l’information quelque part dans sa tête, elle lui demanderait plus tard. « Sinon que c’est pas d’refus. J’fume comme un con. L’genre à foutre en l’air un ou deux paquets par jour. Faudrait que j’arrête, parce qu’à ce rythme, hahaha ! » La jeune fille sourit à cette remarque. Ce n’était pas la première fois qu’elle entendait ça. Tout le monde le lui avait déjà dit à vrai dire. Enfin surtout récemment. Ses parents étaient naturellement contre, bien que son père soit lui-même un gros fumeur de cigares. D’après lui le cigare ce n’était pas la même chose. C’était un signe de réussite et de richesse. Enfin un signe qui sentait très fort si vous voulez mon avis. Mais ce n’était pas les seuls. Ses amies, qui fût un temps fumaient aussi, avaient décidé d’arrêter suite au nouveau mouvement anti-tabac qui étaient très en vogue en Irlande auprès des jeunes filles en ce moment. Elles trouvaient à présent que cela faisait vulgaire. Mais ce n’est pas une mode ou les insistances de ses amies qui la feraient arrêter. Si cela devait arriver, elle le ferait de sa propre initiative et volonté. Yumi se tourna vers la gauche, ouvrit son sac et en sortit son paquet après quelques instants de recherches. Je devrais penser à ranger le foutoir qu’il y a là-dedans… Elle le serra dans sa main et tapota vivement dessous, faisant sortir l’une des cigarettes qu’elle présenta à Jin. Les paquets souples avaient quand même leurs avantages.

« C’pas pour jouer au moralisateur, mais tu devrais aussi. T’es mignonne. La cigarette, ça va mieux avec les fumiers d’mon genre, héhé. » Elle le regarda en haussant les sourcils. Comme quoi, il ne pouvait définitivement qu’être son cousin, il avait les mêmes réactions que les autres membres de la famille Nakajima. Elle se réinstalla sur le banc, jeta le paquet qu’elle tenait encore dans sa main dans son sac et croisa les bras. Elle n’avait pas particulièrement envie d’entamer une discussion à ce sujet. Elle savait parfaitement que c’était nocif, rendait avec le temps la peau terne et irrégulière et qu’en plus ça gâchait l’haleine pour couronner le tout.  Ces arguments elle les avait entendus à maintes reprises. Mais honnêtement pour le moment, elle avait d’autres addictions à perdre.

« Tu ne serais pas un peu trop sévère envers toi-même ? De plus qui te dit que je ne suis un gros fumier comme tu dis ? Je pourrais te surprendre… » Yumi eût un petit sourire en coin avant de reprendre plus sérieusement. «  Mais je me suis toujours dit que j’arrêterai un jour. Peut-être avec la fin de mes études. »

Comme pour appuyer son propos, elle enfonça sa main dans son sac et en sorti une clope à tâtons. Il est étrange comme le fait de parler tabac, donnait envie de fumer. Finalement elle n’aurait pas tenu longtemps avant la prochaine. Au moins cette fois le vent s’était un peu calmé, bien que la température soit encore très basse. Mettant sa cigarette entre ses lèvres, elle utilisa sa main libre, l’autre tenant encore sa canette de café, pour récupérer son briquet dans la poche de son manteau. Yumi actionna la pierre et... Ah ! J’avais oublié ! Elle l’avança vers Jin et le plaça sous sa cigarette, le temps qu’il ne l’allume.  Elle fît de même avec sa propre cigarette et remit son briquet dans sa poche. Elle prit quelques bouffées avant de faire couler un peu de café dans sa gorge. Il n’y a vraiment rien à dire. Le mélange café et cigarette était vraiment des plus exquis.

La jeune fille écouta ensuite son cousin la questionner sur son père et sur son école Sei. A choisir, elle préférait commencer avec Sei. Elle ne comprenait pas comment l’école s’y était prise pour garder aussi bien le secret sur ce qui se passait à l’intérieur de ses murs. Jamais sa famille ne l’y auraient envoyé, s’ils avaient su ce qu’ils s’y passaient réellement.

« Si tu savais Jin… Si tu pouvais venir voir ce qu’il s’y passait, tu serais choqué. Il y a tellement de conflits dans cette école que l’on ne passe pas une journée sans déclarer un sinistre. En fait, il semblerait que l’établissement cultive cette rancœur entre les deux sexes qui s’affrontent sans cesse et à la moindre occasion. Et même entre eux ils ne s’apprécient pas. » Yumi poussa un long soupir. « C’est tellement fatiguant, tu n’imagines pas. Et justement les deux colocataires, dont je te parlais, sont partis prenantes mais dans des groupes opposés. D’où ma fuite. »

Yumi finit son café et lança la canette dans la poubelle qui était à environ trois pas du banc. En plein dans le mile ! C’était incroyable comme un simple lancé facile pouvez-vous faire croire l’espace d’un court instant qu’il était aisé de jouer au basket. « J’espère que t’as pas trop de problèmes là-bas. Ça m’attristerait d’voir ma cousine souffrir pour quedal. »  A ces mots la jeune fille ne put retenir un sourire. Son cousin était vraiment gentil. Exactement comme dans les souvenirs qu’elle avait gardés de lui. Dommage qu’elle ne l’ait pas revu plus tôt. Qui sait ce qui se serait passé alors. « Merci cousin. » Il passa ensuite son bras autour de son épaule et l’attira à elle. Bien que surprise, ce contact ne lui déplût pas. Au contraire cela lui réchauffa tout le côté droit et ce n’était pas désagréable avec les températures actuelles. Depuis combien de temps ne lui avait-on pas montré de l’affection purement gratuite ? Elle ne s’en souvenait plus. Depuis son retour de cure, ses parents et ses sœurs lui avaient à peine adressé un regard. Yumi posa sa tête contre l’épaule de Jin et son regard se perdit dans le vague, rassemblant ses souvenirs.

« Et concernant mon père… A vrai dire cela fait bien longtemps maintenant que lui et moi ne communiquons plus. Je ne sais pas si tu le sais mais il y a 5 ans, il a eu une promotion au travail et nous avons tous dû partir nous installer en Irlande. J’étais jeune, puérile et un peu têtue. Enfin beaucoup même. Soyons honnête. Et je lui en ai longtemps voulu de me trainer dans un pays où je ne connaissais personne et dont je ne parlais pas la langue. De son côté il n’a jamais tenté de faire un pas vers moi non plus. Depuis ce jour, je n’ai presque plus aucune relation avec lui. Sauf quand il avait besoin de moi pour des réceptions ou autres évènements publiques. Mais c’est tout. Et jusque-là ça fonctionnait parfaitement. Je pense qu’il n’attendait pas grand-chose de moi au final. Seulement que je me taise et que j’entre dans ses cases… Sauf que j’en suis sortie finalement ! Et je lui ai fait honte. Tu comprends, de quel droit je salissais le nom des Nakajima ? Il n’ose même pas parler ce qui s’est passé. Pour lui ce c’est que « l’incident ». Comme si le simple fait de l’ignorer, l’effacerait. Du coup il m’a éloigné. Le temps que l’affaire se tasse. Mais je ne pense pas qu’il me pardonne un jour… »

Elle avait prononcé la fin de son monologue avec une pointe de rancœur dans la voix, mais cela l’attristait énormément en réalité. Sa relation avec son père l’avait toujours chagriné bien qu’elle s’était elle-même convaincue que ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle s’était répété si souvent qu’il ne faisait que se servir d’elle, qu’elle s’était comme forgée une armure contre lui. D’ailleurs quand il lui avait dit qu’elle épouserait le fils d’untel, ça ne l’avait pas surprise. Mais peu importe cette histoire avait été totalement mise au placard avec son incident qui lui avait valu un petit voyage en Suisse. Pourtant une part d’elle aurait vraiment souhaité avoir une vraie relation avec son père. Comme dans les histoires que l’on pouvait entendre. Un père normal quoi. Elle se redressa un peu, se rapprochant de Jin et leva les yeux vers lui.

« Et quand est-il de toi ? Où as-tu disparu tout ce temps ? Tu vis ici maintenant ou n’est-ce qu’en coup de vent ? »

Elle préférait largement orienter la conversation vers Jin, plutôt que vers son père et surtout ses problèmes. Elle ne tenait pas être jugée immédiatement. Surtout maintenant qu’elle avait trouvé un membre de sa famille qui acceptait encore de lui parler.
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Sam 13 Fév - 12:46

- « Moi ? J’vis ici. J’travaille même ici… »

J’eus un p’tit rire sec. Si la gamine savait… Elle sursauterait sans aucun doute. Mais de toute façon, elle allait bientôt être au courant. Une question d’jours, sans aucun doute. L’plus avec moi, c’est qu’elle avait une protection notable. Personne ou presque n’pourrait lui chercher des noises. Si problèmes il y avait, j’le règlerai aussi vite que possible et garderai ses relevés cleans. Par contre, l’idée d’voir et d’croiser son père à Sei à la toute fin de son cursus serait un moment très, mais vraiment très marrant. J’n’osais même pas imaginer la crise qu’il pourrait piquer lorsqu’il constaterait que j’avais été le CPE d‘sa fille adorée dans un lycée tout pourri. Enfin, sa fille adorée… C’était d’ailleurs vite dit vu ce qu’elle m’avait raconté… Jamais je n’aurai pensé que son vieux aurait si loin, même avec sa progéniture. C’est dire à quel point mon beau père avait bon cœur dans le temps. Enfin, mon père. L’seul qui ait accepté d’se considérer ainsi et de me laisser l’appeler « papa » J’devais vraiment beaucoup à ce mec et j’étais sûr que de là où il était, il devait être plus ou moins fier de moi. Halala… Toute cette nostalgie. J’allais finir par chialer. Ou pas. Mais ça me rendait presque triste tout ça. Alors pour oublier, j’tirai une taffe de ma cigarette en contemplant le ciel d’un air un peu rêveur. Plusieurs petites questions me venaient en tête :

- « Comment ça s’fait que tu sois dans une pareille école alors ? A t’entendre parler, ça a l’air d’une plaie… Et puis, t’es pas d’un de ces groupes qui alimente tout ça ? Et qu’est-ce qu’il fout, votre directeur ? Ton vieux sait dans quelle merde il t’a fourré, au moins ? Parce que pour ma part, ça ressemble à une punition vache qu’autre chose… »

Plusieurs questions à la pelle pour m’amuser et rien que pour m’amuser. Parce que ouais, c’était fendard d’feindre l’ignorant. J’me jouais un peu d’sa gueule, mais j’étais sûr qu’elle ne m’en voudrait pas lorsqu’elle saurait toute la vérité à mon propos. Elle était trop mignonne pour bouder. Mignonne au point d’fuir cette maudite guerre, aussi. Elle devait être dans un groupe de pacifiques. Drôle. Mais quelque part, Yumi devait s’complaire dans cette école pour ne pas vraiment chercher à la quitter ou à la fuir. Elle s’isolait, mais sans plus. Son père ne la considérait plus trop, mais j’étais certain qu’il ne ferait pas la sourde oreille si jamais sa gamine lui demandait à changer d’établissement. D’ma main de libre, j’récupérai ma canette que j’finis par vider, avant d’la balancer vers une poubelle. Sauf que manque de bol, j’ratai ma cible. J’pestai pour le coup, avant de hausser les épaules pour m’prendre une taffe bien méritée. La cigarette : Le péché de n’importe quel membre des Nakajima. Personne ou presque n’y échappait. Encore que j’m’étais fourré dedans à l’âge ingrat pour faire genre. Pour faire homme. Chienne de vie : « D’ailleurs, t’entendais quoi par incident, tout à l’heure ? » C’était une question qui m’avait trotté en tête pendant une bonne poignée de minutes, avant que j’ne la ressorte enfin, spontanément même. Plutôt intriguant, non ?

- « Enfin, tu m’en parles pas si tu l’sens pas hein… Y’a aucun souci avec moi et tu l’sais bien. »

Là-dessus, j’frottai l’une de ses épaules fraternellement. Avec moi, elle pouvait se sentir libre de tout : Gueuler, rire, pleurer, vider son sac, faire la gamine. J’la voyais un peu comme ma p’tite sœur ; la frangine que j’aurai bien aimé avoir et chouchouter. Autant dire qu’elle avait d’la chance ; même si cela ne m’empêchait pas d’penser à ce fameux incident qu’elle avait mentionné. Quelle bêtise une telle fille pouvait faire pour mériter un tel sort ? Mystère et boule de gomme. En attendant qu’elle réponde, j’m’étirai longuement, avant d’me lever d’un seul coup. Rester assis côte à côté, c’était bien beau tout ça, mais on allait finir par s’geler les miches et pas qu’un peu. Je me mis à m’étirer longuement puis je baillai un bon coup, avant de reprendre une bonne taffe de ma cigarette que j’avais bientôt terminé. « On bouge de là ? » En fait, pourquoi lui poser la question ? Rester là n’était plus envisageable. Du coup, j’la chopai par les épaules pour la redresser avec un soupçon de douceur, puis j’lui pris une paluche avant d’commencer à avancer tranquillement avec elle. Le parc était assez grand pour qu’on y fasse un p’tit tour avant d’se casser d’ici. P’être que j’allais l’emmener dans un resto pour qu’on soit ensemble jusqu’au bout d’la journée. Après tout, elle avait pas grand-chose à foutre. Moi non plus. C’était pas une si mauvaise idée du coup.

- « Si t’es toute gentille, j’t’inviterai dans l’resto de ton choix. Ça te brancherait ? »
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Moon
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Dim 14 Fév - 12:58
Yumi arqua l’un de ses sourcils et regarda Jin, perplexe. En quoi le fait qu’il travaillait ici pouvait être si amusant ? Ça n’avait aucun sens pour elle. Quelque chose m’échappe… Et s’il y a bien une chose que la jeune fille n’aimait pas, c’était de ne pas comprendre. Ca l’avait toujours mise incroyablement mal à l’aise. Peut-être cela venait-il du fait qu’on lui ait incessamment répété dans sa jeunesse que l’information était source de pouvoir et que les ignorants étaient ceux qui se faisaient dévorer les premiers dans ce monde ? Homo Homini lupus est. L’homme est un loup pour l’homme. Houla, ça y est je déraille, voilà mon latin qui réapparait. Elle devait se calmer avant de partir trop loin dans ses divagations. Elle est cherchait bien trop loin une explication qui devait en réalité être bien simple. Le plus probable étant qu’il devait seulement s’amuser de la situation. Après tout ils ne s’étaient plus revu depuis dix, et les voilà tous les deux habitant la même ville et se croisant par hasard dans le parc un dimanche, qui plus est gelé et gris. Cela en aurait fait rire plus d’un. Cette simple pensée la calma.

« Heureuse de l’entendre. Je ne vais pas te le cacher, je suis contente que tu ne sois pas simplement de passage. Au fait, tu travailles dans quoi ? Si ce n’est pas trop indiscret. »

Elle avait toujours en tête son petit rire qu’il avait laissé échapper. Son cousin n’était pas vilain à regarder et des scénarios improbables tournaient dans sa petite tête en boucle. La dernière en date ? Escort boy. Peu importait, elle n’était pas vraiment en mesure de juger. Et en plus tout ceci n’était encore que pur hypothèse. Laisse-lui au moins le temps de te répondre avant d’en faire une montagne ! Yumi porta sa cigarette à ses lèvres et inspira un bon coup, délivrant assez de nicotine dans son corps pour l’arrêter. Mais tout ce que cela lui apporta était qu’elle n’en avait plus envie. Peut-être dû au fait qu’elle enchainait les clopes les unes sur les autres, mais elle arrivait à un trop plein et bientôt sa gorge la gratterait horriblement. Elle regarda le mégot qu’elle tenait entre ses doigts. Plus de la moitié était encore exploitable… Tant pis. Elle avait encore son paquet et les autres qui l’attendaient sagement dans sa chambre. Elle laissa tomber la cigarette et l’écrasa de sa bottine. Elle venait de sauver ses poumons d’une demi-cigarette. Non que cela n’y change grand-chose.

La jeune fille reporta toute son attention sur son cousin. Il ne semblait pas comprendre comment son père avait bien l’envoyer dans cette école où tout semblait partir de travers. Pour sure, la police traiterait certainement la plupart des jeunes y étant inscrits, si ce n’est tous, de délinquant juvéniles, en proie à de forts épisodes de violence. Mais encore une fois, telle était la force de Nakajima Père : l’image. Le contenant n’a jamais eu d’importance. Il suffit par exemple de paraître intelligent pour l’être d’après lui. Sûrement qu’il n’est pas très familier avec l’expression : La culture c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale. Bien que Yumi devait bien lui concéder qu’il n’était en rien idiot. Au contraire. Elle avait toujours trouvé son père extrêmement brillant et sachant parfaitement manipuler son monde autour de lui. Encore aujourd’hui, elle ignorait si ce dernier connaissait la vraie face de Sei avant même de l’y avoir envoyé. Elle soupira avant de répondre à son cousin.

« Tu sais, les derniers mots que j’ai échangé avec mon père était concernant mon transfert ici. D’ailleurs je n’ai parlé avec personne depuis mon arrivée. Mes appels semblent être filtrés. Donc je suppose que tu n’es pas très loin avec ton histoire de punition. Ils essayeraient de m’évincer du tableau de famille, ils ne s’y prendraient probablement pas autrement. »

Et ce n’était pas faute d’avoir essayé. Elle avait tenté à plusieurs reprises de contacter ses sœurs depuis son arrivée au pensionnat. Malheureusement leurs numéros de portable avaient été changé et quand elle faisait un essai sur le fixe, le nouveau majordome, qu’elle n’avait croisé que brièvement avant son départ, lui répondait sans cesse que personne n’était à la maison. Yumi connaissait ses sœurs, elles avaient une vie certes, mais pas au point de découcher tous les soirs que Dieu fait. Sur un ton plus léger elle continua.

« Non je te rassure je ne fais partie d’aucun groupe. Ce n’est pas vraiment mon genre de me battre pour un rien à chaque minute de la journée. Et je n’ai rien contre les hommes non plus. Disons que je passe le plus clair de mon temps à éviter ou ignorer ses confrontations sans fin. Même si je le voulais, pas sûre d’arriver à quoique ce soit avec ça. »

Elle leva son bras en équerre et contracta ses muscles. Muscles par ailleurs qui n’étaient absolument pas saillant. Même si le manteau gâchait un peu son support visuel. On ne voyait absolument rien. Yumi ramena son bras près d’elle et ses yeux se perdirent dans le vague, cherchant une explication logique. Elle s’était elle-même déjà plusieurs fois posé la question. Pourquoi le directeur ne faisait rien ? Elle en était arrivée à une réponse hypothétique plausible mais absolument pas prouvée, et quelque peu tordue.

« Le directeur est forcément au courant de ce qu’il se passe et pourtant aucunes mesures n’ont vraiment été mise en place. En revanche, il est très doué pour préserver l’image de l’école. Avant d’y entrer, j’avais fait quelques recherches et rien à ce propos n’avait jamais été mentionné. Il doit avoir le bras très longs forcément, car les élèves ne sont pas particulièrement discrets. Peut-être est-ce une façon particulière qu’il a de nous tester. Il ne veut que ceux qui sont prêt à se battre dans son écolé, ou ceux assez malins pour éviter tous les pièges. Une sorte d’école de la vie avec de gros poings. »

Elle ignorait si elle avait été très claire dans ses propos mais elle supposait que son cousin l’avait comprise. Jin n’avait pas eu une vie de conte de fée, bien qu’elle en ignore une bonne partie. Mais déjà à l’époque elle se souvenait des quelques ragots qui avaient couru. Mais surtout il avait son père, l’oncle de Yumi, assez tôt et avait dû faire face au deuil plus rapidement que ce qui est normalement prévu par la nature. La vie et ses coups durs, il devait connaître, bien qu’au fond d’elle, Yumi espérait que non. Elle-même avait eu une vie assez douce en soi. Elle n’avait jamais manqué de rien, et ce l’était elle-même quelque peu bousillé. « D’ailleurs, t’entendais quoi par incident, tout à l’heure ? » Ah quand on parle du loup, on en voit la queue. La jeune fille leva les yeux au ciel. Devait-elle lui raconter ? Après tout elle avait déjà commencé en lançant l’histoire. D’un autre côté, elle n’osait pas le lui raconter. Quand elle en parlait, les gens changeait leur regard sur elle en général et ce n’était plus la même chose. Bon après la réaction de chacun dépendait d’eux, mais dans tous les cas leur comportement s’en était vu modifié. Elle se leva doucement et se dirigea vers la poubelle près de laquelle gisait la canette. Elle s’achetait un peu de temps. Elle se baissa pour la ramasser et lentement toujours la jeta dans la poubelle, fixant le trou bien plus longtemps qu’elle n’aurait dû après avoir accompli sa bonne action environnementale de la journée. « Enfin, tu m’en parles pas si tu l’sens pas hein… T’a aucun soucis avec moi et l’sais bien. » S’il avait pu lire ses pensées, il n’aurait pas dit autre chose à ce moment-là. Yumi se retourna en souriant et acquiesça. En soi il ne lui avait rien de spécial car elle le lui aurait en aucun cas dit, si elle ne l’avait pas voulu, mais le fait qu’il le formule à voix haute, lui avait fait du bien. Elle retourna s’assoir près de son cousin sur le banc. Elle hésitait encore. Elle aurait peut-être besoin d’un allié ici, qui l’empêcherait de faire des bêtises. Pour cela devait-il encore savoir ce qu’il risquait de se passer. La jeune fille sentit soudain la main de son cousin sur son épaule. Un mouvement très simple et sans prétention, pourtant extrêmement agréables et rassurant. Cela lui donnait l’impression de retourner quelques années en arrières. Wahou, je dois vraiment être en manque d’affection, je ne vois que ça. Malgré son sarcasme intérieur, elle savait à présent qu’elle le ferait. Elle se tordit nerveusement les mains.

« Héroïne. J’ai fait une overdose. A l’une des soirées de collecte de fonds de mon père. Devant ses précieux amis si influents. Il n’a pas apprécié et l’histoire n’est disons pas passer des plus inaperçus dans ce cercle très fermé. Je dois bien avoué que j’ai été assez nulle sur ce coup-là.»

Elle fixait à présent ses mains qu’elle faisait toujours jouer l’une sur l’autre. Mais cette fois ce n’était plus la nervosité qui l’animait, mais un simple mouvement mécanique accompagnant son voyage parmi ses souvenirs du passé. Hors de question qu’elle dise en revanche à Jin qu’elle cachait encore un peu de drogue dans sa chambre. C’était sa charge, pas la sienne. Et elle n’y avait pas encore touché depuis qu’elle était arrivée ici. C’était plutôt bon signe non ? Il lui proposa alors de bouger et sans vraiment attendre son avis la fît se lever et commença à marcher en la tenant toujours. Il n’avait pas tort. Ça ne servait ç rien de rester planter ici dans le froid. Il n’y gagnerait qu’un gros rhume tout au plus. Elle pressa un peu le pas et se mit à sa hauteur.

« Je suis un ange voyons. J’espère que tu aimes l’italien cousin, je connais un super restau’ pas loin pour ce soir ! »

Elle le dépassa et l’entraîna sur le petit sentier de gauche qui s’enfonçait dans le parc un peu plus profondément. Marcher commençait à la réchauffer un peu et comptait bien en profiter un peu. La jeune fille se retourna vers son cousin un grand sourire espiègle aux lèvres, marchant à reculons pour pouvoir continuer à le regarder.

« Pour ce qui est de payer, si on décidait à l’aide d’un pari ? »
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Dim 28 Fév - 1:06

- « Un pari hein… ? Ouais, pourquoi pas ? »

J’avais répondu machinalement, clairement. J’arrivais pas à cogiter à autre chose que c’qu’elle venait d’me dire, d’m’avouer. Overdose d’héroïne. Incroyable. Et c’était quoi la suite ? Va savoir… Quoique non. S’il y avait une suite, j’préférais pas trop savoir quoi. Son aveu n’avait pas vraiment écorné l’image que j’avais d’elle, même si j’devais avouer que j’avais été sur l’cul. Comment penser qu’une meuf pareille s’shooterait au point d’faire une overdose, carrément ? C’était plutôt insensé. Impensable même. Ceci dit, c’qu’elle m’avait raconté dépeignait un truc : La pourriture des Nakajima. Pour qu’une fille comme elle s’réfugie dans la drogue, il avait dû s’passer un truc. Un truc grave. J’pensais à un truc plus gros qu’un simple dédain ou abandon d’son père. Après, trop chercher midi à quatorze heures servait à quedal. L’mal était fait. Et là v’là dans cette ville paumée, dans c’bahut pourri, loin d’son vieux tout aussi salaud que les autres membres d’cette maudite famille. Derrière mon dos, j’avais les poings serrés. La mâchoire aussi d’ailleurs. Mais j’me décrispai rapidement histoire qu’elle s’en rende pas trop compte. Mine de rien, son histoire m’faisait rager. Elle m’rappelait un peu l’calvaire que j’avais vécu avec ces gens. Et à cet instant, j’m’étais même dit que j’étais prêt à tout pour leur foutre une bonne dérouillée. Ces fumiers le méritaient…

- « Fais gaffe toi... »

La gamine faillit basculer et tomber à cause d’une vicieuse racine, mais j’avais vite fait de prolonger ma paluche vers l’une de ses épaules pour la retenir comme y faut. Sans comprendre moi-même, j’l’avais ensuite serré tout contre moi pour un câlin en bonne et due forme. J’ne devais pas, mais j’me sentais responsable. Elle était non seulement d’ma famille, mais elle était aussi ce genre d’petite qui éveillait en moi la fibre fraternelle. Paternelle même. Et puis, p’être que j’manquais d’câlins sincère quelque part. Les seules étreintes que auxquelles j’avais droit s’faisait la plupart du temps dans un plumard lorsque j’m’évertuais à mettre bien une fille quelconque. Vie pourrie. Sexuellement, j’avais pas à m’plaindre, mais niveau sentiments et tout, c’était le désert total. ‘Fin bon… J’avais jamais vraiment connu l’amour et il était pas dit que j’étais prêt pour. Mais là n’était pas du tout l’plus important. J’m’égarais en pensées futiles comme d’habitude. Pour rien changer. « J’te fais la promesse que jusqu’à c’que tu sois diplômée, j’te lâcherais pas. Jamais même. » Entre pourris et paumés, on se soutient et c’est normal. La drogue, j’avais moi aussi connu. Mais pas au point d’finir comme elle l’avait été. C’était un peu fendard quand même. On était considérés comme des rebuts d’une société qui s’pensait irréprochable. La vie est vraiment une pute quand elle s’y met…

- « J’dois t’avouer moi aussi quelque chose. J’pense que t’es assez grande et mûre pour capter. Et pas trop conne comme ces pourritures de Nakajima… »

J’consentis enfin à la lâcher avec la gueule un peu grave qui allait avec l’aveu que j’voulais lui faire. J’avais un p’tit peu hésité, mais l’moment étant sans doute bien choisi. On allait se serrer les coudes. J’m’autorisais pour l’coup à penser naïvement comme un gamin, mais j’étais persuadé qu’elle n’allait pas m’repousser malgré le caractère un peu insolite d’mon histoire, elle qui avait vécu l’rejet et qui savait à quel point ça faisait mal. Très mal. « J’suis le fils d’une putain. » Bam. Première partie du secret révélé. C’était p’être pas glorieux, mais ma vieille avait été une pute. Une putain qu’on n’hésitait pas à s’offrir pour une bouchée d’pain. J’me demandais si Yumi se souvenait d’elle, d’ailleurs : Cette belle brésilienne pulpeuse qui semblait faire tâche au beau milieu de tout un tas de japonais. Encore que moi-même, j’passais encore vu mes yeux légèrement bridés et tout. Mais elle, ça avait été autre chose. J’eu un rire avant d’tirer la dernière taffe d’ma cigarette dont j’finis par jeter le mégot à terre sans même daigner l’écraser. L’soupir que j’eus après dispersa la fumée que j’avais occasionnée autour d’nous. « T’en aurais pas une autre ? » J’venais d’lui demander une autre cigarette comme si c’était tout à fait normal avec c’que j’venais d’lui dire. J’avais toujours cette mine un peu grave, et ce malgré le ton assez désinvolte avec lequel j’lui avais causé :

- « Satoshi ton défunt oncle, n’est pas en fait mon vrai père. Il est juste tombé fou amoureux de ma vieille et il a réussi à la convaincre de devenir sa femme. Il m’a adopté par la même occasion d’où mon nom. J’pense que tu devines la suite : Si t’es une honte pour ton père, ma mère et moi l’avions été pour toute la famille de Satoshi qui se démenait pour nous intégrer comme y faut. En gros, j’suis juste ton cousin par alliance. Quelque chose dans l’genre… »

J’eus un petit rire sec, tout en la regardant droit dans les yeux. Yumi savait tout. Restait plus qu’à voir comment elle allait réagir.
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