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♕ Petit éloge de la douceur || Kaede & Hélix

Invité
Jeu 16 Juin - 3:42
♕  PETIT ÉLOGE DE LA DOUCEUR || HÉLIX & KAEDE ♛
    Dans une salle immense, décorée d'un plateau large et solitaire, dominé par le silence et l'absence de sens, nous accédons à l'antre secret d'un art du passé oublié. Au milieu de ce désert sordide, nous  pouvons voir une tâche blanche se démarquant du marron ambiant de ce monde clos. Une femme, assise sur le parquet poussiéreux, triste, délaissé.

    Désolation. Le théâtre à l'abandon.

   Des liasses de photocopies, abîmées par le temps pluvieux de l'extérieur, jonchant le sol, qu'elle rangeait ; des lunettes entre ses doigts, qu'elle essuyait ; les cheveux attachés en un chignon, détaché par le vent revêche et enragé, qu'elle laissait agir à son bon vouloir ; une tenue monochrome, chemise blanche, pantalon noir à taille haute, et des talons noirs chics. L'apparence qu'elle nous délivre. Désinvolte, élégante, simple, excentrique, provocante. Bien qu'à ce moment précis, un rictus de frustration dompte son visage pâle sur lequel est dressé un voyage exotique, elle parvient à remettre de l'ordre dans son esprit au départ dirigé par l'agacement, pour le mettre dans un état plus serein, et ainsi voiler son irritation.


« Cela m'agace, mais je me vois mal donner des photocopies humides à mes élèves.»


    Et en même temps, elle ne veut pas refaire ces photocopies. Elle n'aime pas gaspiller. Elle a beau être née dans un milieu aisée, avoir été traitée comme une princesse pendant longtemps, elle a conscience des problèmes mondiaux. Dans un pays « riche » comme celui-ci, on entend peu parler de ces problèmes, car ils ne le touchent pas. Mais dans d'autres pays, ils sont omniprésents. Pour ne pas leur faire d'insulte, pour ne pas rendre les arbres morts dans cette optique inutiles, elle va recycler ces papiers à sa manière. Elle va les rendre utiles, d'une façon ou d'une autre. Vous pensez certainement qu'elle accorde trop d'importance aux futilités. Néanmoins, pour elle, ce ne sont pas des futilités. Peut-être pour beaucoup est-ce anodin. À ses yeux, ce n'est pas insignifiant.

    Le silence est roi. Cette salle, esseulée.

    Nous voyons cette jeune femme, soudainement vêtue du voile de la détermination, ranger ses lunettes dans sa boîte et retirer l'épingle qui coiffait ses cheveux excentriques. Sa chevelure, désordonnée en raison du vent jaloux et de la pluie hargneuse ; elle ne les rattache pas. Elle ne les rattachera pas, car, le but de sa venue dans ce théâtre, c'est de jouer. Elle est venue ici, pour la pièce qu'elle prévoit de faire jouer à ses élèves ; la pièce qui, bien que sombre, bien que se déroulant lors de la Seconde Guerre mondiale, démontrera l'utilité et la beauté du théâtre en temps de guerre ; alors, elle se met dans son état naturel, se met à nue. Car on ne peut jouer si on se cache derrière une façade. Il faut pour cela se libérer de tout le stress que cause la vie active, jeter ses problèmes familiaux par la fenêtre, et se donner entièrement au jeu. Notre vie ne compte pas sur scène, seule notre générosité est prise en compte.

    La professeure, qui maintenant est comédienne, laisse son sac sur le parquet décrépit. Elle s'avance en direction du plateau solitaire, monte la rampe usagée et se pose au milieu. Elle est concentrée. Elle se pose des questions. Elle a appris le monologue d'un personnage de la pièce, qu'elle compte faire jouer, jusqu'au bout des doigts, car elle l'a aimé. Et elle a imaginé une façon de le jouer. Elle veut voir ce que cela donnera, une fois en jeu. Elle veut savoir le sentiment que Philippe est censé ressentir à ce moment-là. Elle en a une idée, mais cette idée ne sera confirmée que lorsqu'elle sera rentrée dans le rôle.

    Elle brandit une épée en direction du ciel. Une épée imaginaire. Elle s'imagine sur un tonneau de vin vide, devant la potence du marché, en Sibérie, entourée des femmes distribuant des tickets pour le savon, et des enfants qui mendient ou qui pleurent la perte de leur parent torturé par le Bourreau, et mort pendu, nu, accusé de trahison, humilié. Elle ressent la détresse du peuple, elle est révoltée. Le blasphème. Les larmes des victimes.  L'offense qui la hante, elle le hurle sur la potence du marché au blé, devant ceux qui honteusement, souffrent en silence.

« Je me dresserai,
Opprimé, brisé, terrassé,
Avec mon épée en bois
Contre les armées d'acier.
»

    Elle regarde les enfants avec détermination, avec promesse, avec sincérité. Avec rage. Les pointant de son épée en bois, elle leur jure. Oui elle leur jure, qu'elle leur apportera ce qu'ils veulent. Tout comme elle le jure aux mères peinées.

« Sur mon épée en bois,
Aux enfants désolés,
Aux mères éplorées,
J'apporterai la liberté.
»

    Elle se met en position de combat, portant son regard autour du peuple, avec attention, avec conviction. Son monologue monte en intensité, en puissance. Elle envahit le plateau de sa seule présence, et donne vie à des objets pourtant invisibles, inaudibles, inodores. Car elle-même y croit.

« Sur mon cheval de bois,
J'envahirai la Bourgogne,
L'Angleterre et la Pologne
Avec mon épée en bois.

Je montrerai à toute la terre
Le tronc noir en fer,
L'enclume tranchée
Avec mon épée.

À travers les obscures nations
Qui dans leurs chaînes aboient
Je combattrai le dragon
Avec mon épée en bois.

Je partirai vers le nuage
Qui comme l'acier rougeoie,
Pour transpercer le dragon
Avec mon épée en bois.
»

    À chaque premier vers de chaque strophe, sa voix montait, annonçant son dessein. Elle montrait l'existence des "e" muets avec aisance, avec naturel. Sa poésie épique raisonnait dans la salle esseulée, ses gestes étaient violents, fluides, elle montrait des talents d'escrime, prouvant alors avec quel force elle vaincrait le dragon dont elle parlait. Ce dragon, qu'elle transpercerait de son épée en bois.
code by lizzou
Invité
Mar 21 Juin - 3:23

Petit éloge à la douceur.

Feat Kaedoul ♥

 


Il y avait, dans le monde, un certain nombre de réalités, toutes plus justifiables et justifiées les unes que les autres. Cependant, la question de leur véracité se posait toujours, puisqu'il était dit que seule la relativité était exacte. Autrement dit : tout était relatif.
L'idée s'appliquait à tout un tas de questions métaphysique existentielles certes, mais aussi à des concepts beaucoup plus prosaïques et décrits comme dérisoires. C'était souvent ceux-ci qui agitaient Hélix, car elle avait la désagréable habitude de s'interroger sur tout, tout au fond d'elle, sans vraiment s'en rendre compte. Son esprit était tellement accaparé par son incompréhension quand à la taille d'une lampe ou la raison qui poussait untel à manger une salade qu'elle en oubliait, finalement, tout intérêt pour le monde. C'était un trop qui créait du vide, trop qu'elle ne savait comment évacuer, vide qu'elle ne savait comment combler - et l'idée de le faire était bien absente.
Ces réflexions inconsciente la mettait dans ce fameux état de léthargie qui lui était propre ; alors elle se coupait d'elle même, de ses réflexions et de ses sentiments - toujours sans en avoir la moindre conscience, et se concentrait sur des idées beaucoup plus concrètes qui aurait pu passer pour une obsession : l'argent, tel ou tel apport, tel ou tel gain, n'importe quoi qui lui était avantageux. On pourrait facilement penser que son attrait au gain matériel palliait à son manque d’intérêt pour la vie, qu'elle l'utilisait pour se justifier d'ainsi se mettre au service d'autrui, s'oubliant complètement. Faisait-elle tout ça pour l'appât du gain comme elle l'affirmait, ou pour donner un sens à cette existence - trop fière pour l'assumer ?

Toutes ces pensées, bien que refoulées dans les méandres de son esprit, lui donnait un mal de crâne abominable qui se voyait renforcé par sa constitution naturellement fragile. La souffrance la rendait morose, la morosité renfermée et le renfermement plus extérieure à ce qui l'entourait encore. C'était tout juste si elle se rendait compte que ses pas l'emmenaient à travers les couloirs - et de toute façon, elle n'en avait rien à foutre, comme elle disait si bien.
Et puis, tout à coup, elle se trouva en face d'une porte. Elle resta là, un instant, les bras ballants, à regarder devant elle d'un oeil morne. Finalement, elle passa la porte - sans doutes car c'était plus simple que de faire demi-tour, et parce qu'elle avait cette éternelle crainte de l'ennui.

C'était un théâtre. Un théâtre, avec des sièges et une scène ; elle le savait, parce qu'elle en avait vu à la télé, ou dans des livres. Elle n'était jamais allé au théâtre, et ne s'y était jamais intéressée.
Elle allait faire demi-tour lorsqu'elle entendit une voix ; elle fit alors plus attention à la scène, et remarqua qu'une femme à la silhouette plutôt pâle se mouvait, un peu dans tous les sens, en criant très fort. Cette femme, elle l'observa d'abord la mine torve, plus agitée de moquerie et, rapidement, elle fut prise d'un certain intérêt - comme lorsqu'elle voyait quelque chose de nouveau, sortant de l'ordinaire, inconnu au bataillon. Elle la regarda s'agiter, et compris que ses mouvements avaient un sens, et qu'elle cherchait à mimer quelque chose : un guerrier, peut-être. Un genre de rebelle, se dit-elle ensuite.

« Je partirai vers le nuage
Qui comme l'acier rougeoie,
Pour transpercer le dragon
Avec mon épée en bois. »

Les mots n'avaient pas beaucoup de sens, d'après Hélix - mais ils étaient beaux. Elle avait beaucoup lut et elle aimait la littérature, avec les jolis mots. Elle trouvait cependant qu'ainsi déclamés, ils sonnaient faux - bien que dits avec une conviction étonnante, tant bien qu'elle aurait pu apercevoir et l'épée et le dragon si elle y avait mis un peu plus de volonté. Au fond, tout au fond d'elle, elle apprécia le spectacle et senti la naissance d'une certaine admiration pour cet art puissant et de cette femme si impliquée. Un tel plaisir, une telle force lui étaient inconnus. Alors, Hélix s'approcha instinctivement de la scène, comme subjuguée.



(c) Tervilles
Invité
Mer 29 Juin - 4:52
♕  PETIT ÉLOGE DE LA DOUCEUR || HÉLIX & KAEDE ♛

    Dans ce théâtre à l'abandon, elle est là, à s'agiter. Elle ne cesse de jouer son texte, effectivement faussement joué. Faussement joué, car le personnage qu'elle joue joue lui-même un autre personnage. Le Philippe qu'elle incarne n'a pas de dragon devant lui, mais il a bel et bien une épée en bois dans la main et un public devant lui, intrigué. Ce public en vérité, ne se moque pas, mais ne comprend pas de quoi il parle. Heureusement, il n'en a cure, qu'ils ne comprennent pas. Kaede, quant à elle, est tout aussi bien concentrée, alors que dehors, il pleut des cordes, comme il pleure dans le cœur des miséreux à qui elle s'adresse.

    Elle ne te voit pas encore, toujours pas. Tu n'es pas dans son champ de vision, et elle ne perçoit de toute façon pas ta présence. Si tu n'es pas sur le plateau, tu n'existes pas ; et si tu n'es pas dans le public, elle ne te donnera pas sa générosité de comédienne. Tu as seulement passé le pas de la porte.

« J'emmènerai des nuées
Dans l’écume et la brise,
Par mon épée en bois,
La jeune fille conquise.
»

    Elle porte une main à son cœur, baissant son épée, levant la tête, les yeux étincelant d'espoir et d'amour. Toute forme de violence s'évapore, que ce soit dans le ton de sa voix ou dans son regard infiniment doux. Imagine-t-elle un être aimé ? Oh, certainement. Kaede a beau être chaste, elle a déjà aimé une fois dans sa vie, passionnément. Cependant, présentement, elle ne parle pas en tant que femme mais en tant qu'homme. Un homme romantique.
    Elle reprend son esprit combatif, dresse de nouveau son arme vers le ciel, défiant les dieux de son épée en bois imaginaire. D'apparence, elle ne semble pas les craindre. Certains penseront qu'ils existent et la blâmeront peut-être pour son audace, d'autres n'y croiront pas et la croiront folle. Qu'ils existent ou non n'est pas la question, de toute manière, ce qui importe, c'est qu'elle, ou Philippe, est prêt à endosser le rôle d'un héros.

« Porté par les larmes
Les sanglots et les voix,
Je volerai dans les flammes avec mon épée en bois.
»

--------------------------------------

    Elle est assise sur le plateau, en tailleur. Elle te regarde avec délicatesse, avant de plier son genou et de l'enlacer dans ses bras fins et frêles. Elle a beau avoir arboré, l'espace d'un instant, une cape de héros sur le plateau, tu la pousserais, elle tomberait comme une pomme de pin.

« Bonjour. Serais-tu une âme perdue ? »

    Elle te regarde dans les yeux, de ses grandes prunelles bleu azur, aimables, douces, et protectrices. As-tu l'impression de te sentir en sécurité, en la voyant t'observer de cette façon ? As-tu l'impression de pouvoir baisser ta garde, à ses côtés ? Elle rit doucement. Elle a l'impression de t'avoir posée une question étrange. Ce n'était pas son intention.
    Elle pose une main sur son genou et y pose sa joue, sans cesser de te regarder. Ses trop longs cheveux blanc immaculé retombent sur son épaule, alors qu'elle t'analyse. Petite brune aux traits asiatiques et occidentaux à la fois. Une métisse, se dit-elle. Il y en a beaucoup, à Sei. Elle te trouve mignonne à croquer, ainsi, avec ton attitude nonchalante, et ta veste qui retombe sur ton corps menu, comme si tu venais de sortir du lit et que tu cherchais un petit en-cas pour la nuit. Tes yeux gris, froids. Tu sembles porter un lourd fardeau, elle ne sait quoi, mais elle l'a vu, l'a remarqué. Mais elle ne sait pas. Peut-être se trompe-t-elle, après tout. Mais ton regard n'est pas différent de celui de certains enfants tristes.

« Ce théâtre est peu fréquenté, t'explique-t-elle en passant ses doigts sur le plateau en bois, poussiéreux, Il est un peu à l'abandon. » elle rit doucement à ses propre mots.

    Ce théâtre est  grand, même spacieux. Il y a de la place pour tant de monde, tant de joie, tant de jeux, tant d'émotions. Et pourtant, personne ne s'en sert et le considère. Tout le monde n'y voit qu'un endroit dans lequel une activité ennuyeuse, mise de côté pendant longtemps, se tient. C'est triste, mais c'est ainsi que sont faites les choses : le cinéma, les ordinateurs, les téléphones, les avancés technologiques... Tout ceci a mangé le théâtre, cet art autrefois vénéré. Mais c'est l'évolution. Pour faire avancer les choses, il faut en supprimer certaines. Cela se nomme le sacrifice.
    Elle attends une réponse de ta part, et hoche la tête, avant d'enchaîner avec une autre question un peu plus personnelle. Son sourire s'élargit et elle te fait signe d'entrer dans le théâtre d'une main. Sa main couverte de cicatrices ressemblant à des coupures.

« Entre, n'aie pas peur. Je ne vais pas te manger. », plaisante-t-elle un peu, laissant un rire cristallin traverser une nouvelle fois la barrière de ses lèvres rouges.

    En effet, elle aime porter du rouge à lèvres rouge. Rouge cerise, surtout.

« C'est assez incongru de ma part, mais qu'as-tu pensé de cette scène ? Les vers sont jolis, n'est-ce pas ? »

    Elle demande ton avis, car elle a besoin d'une opinion extérieure. Devrait-elle continuer sur cette mise en scène ? La modifier un peu ? Et elle a besoin de ton interprétation personnelle, car justement, tu ne connais pas la pièce et que ceux qui ne la connaissent pas ont souvent bien plus de choses à nous dire qu'un expert.
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